Le moral de la finance britannique au plus bas depuis la crise de 2008

mardi, 01.10.2019

Les incertitudes entourant le Brexit entraîne un fort recul du niveau d'optimisme dans le secteur financier britannique.

Le secteur financier britannique craint les répercussions du Brexit qui va priver un grand nombre de banques, assurances et gérants d'actifs d'exercer leur activité dans l'UE tout en étant basé au Royaume-Uni. (Keystone)

La confiance des entreprises du secteur financier britannique est tombée en septembre à un plus bas depuis la crise internationale de 2008 en raison des incertitudes entourant le Brexit, selon une étude publiée mardi.

Le niveau d'optimisme dans ce secteur, l'un des plus puissants de l'économie britannique, n'avait pas reculé autant depuis septembre 2008, selon cette enquête trimestrielle réalisée auprès de 83 entreprises par l'organisation patronale CBI et le cabinet de conseil PwC.

Le recul (-56%) a été observé dans la quasi-totalité des services financiers, mais a été particulièrement marqué dans les banques et les sociétés foncières.

L'étude montre que le niveau d'optimisme a stagné ou reculé durant 15 trimestres consécutifs soit près de quatre ans.

"Le secteur est le joyau de la couronne au sein du secteur des services au Royaume-Uni. La menace d'un Brexit sans accord entame la confiance", souligne Rain Newton-Smith, économiste en chef de la CBI, la principale organisation patronale du pays.

Il en appelle une nouvelle fois au gouvernement afin d'éviter une sortie brutale le 31 octobre et de négocier par la suite un accord "ambitieux" avec l'UE.

Le secteur financier britannique, dont le coeur est situé dans la City de Londres, est l'un des plus importants au monde et craint les répercussions du Brexit qui va priver un grand nombre de banques, assurances et gérants d'actifs d'exercer leur activité dans l'UE tout en étant basé au Royaume-Uni.

Plusieurs milliers d'emplois à la trappe

Le secteur financier a déjà annoncé la perte de 5000 emplois à cause du Brexit, beaucoup d'institutions, à l'instar de JPMorgan Chase, UBS ou autres, ayant transféré une partie de leurs activités de Londres vers d'autres villes d'Europe pour s'assurer qu'elles seraient encore en mesure de servir leurs clients européens après le Brexit, qu'il soit "dur" ou négocié.

C'est moins que ce qui était initialement craint dans les mois qui ont suivi le référendum de juin 2016 et pour l'instant le secteur financier n'a pas subi d'exode massif.

Au-delà de l'impact sur leur activité d'un fort ralentissement économique, de nombreuses entreprises financières s'inquiètent au sujet de points plus techniques qui restent en suspens comme les transferts de données ou la continuité des contrats.

Dans un communiqué publié lundi à l'occasion du congrès du parti conservateur qui se tient à Manchester, la City a mis encore en garde le gouvernement contre les risques toujours élevés d'un Brexit sans accord, scénario qui n'est pas exclu par le gouvernement britannique.

Un récent rapport du cabinet de conseil EY estime par ailleurs que le Brexit a déjà coûté au secteur financier britannique 1,3 milliard de livres en délocalisations, conseils juridiques ou encore provisions, plus une injection de 2,6 milliards de livres pour renforcer l'implantation des sièges des banques et opérateurs hors du Royaume-Uni. (awp)






 
 

AGEFI




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