Julius Bär paie pour l’ère Collardi

jeudi, 20.02.2020

COMMENTAIRE. Les graves manquements concernant la lutte contre le blanchiment d'argent chez Julius Bär se sont déroulés durant la période où Boris Collardi a été son CEO.

Christian Affolter

Boris Collardi a quitté Julius Bär pour devenir associé au sein du groupe genevois Pictet. (Keystone)

Le rapport de la Finma confirme les pires craintes au sujet des pratiques de vérification au sein de Julius Bär durant la période où Boris Collardi a été son CEO. L’établissement, tout de même le premier dans la gestion privée pure du pays, a fait preuve de laxisme au cours de la totalité de l’ère Collardi, établit la Finma. Ce rapport montre même clairement que le système de rémunération a favorisé la prise de risques, plutôt que de récompenser l’acquisition de clients conformes.

Le seul aspect positif de cette affaire pour les dirigeants ayant succédé à Collardi, c’est qu’ils peuvent marquer une rupture claire par rapport aux pratiques du passé. Au niveau de la collaboration avec l’autorité de surveillance, le changement a manifestement déjà eu lieu. Pour le reste, ils se retrouvent tout de même avec une marge de manœuvre sérieusement amputée en raison de fautes qui se situent dans une période d’avant leur prise de responsabilités.

>>Lire aussi: Julius Bär: graves lacunes dans la lutte contre le blanchiment

Le risque de réputation pourrait potentiellement rejaillir aussi sur Pictet. Rappelons que Boris Collardi a quitté Julius Bär pour devenir associé au sein du groupe genevois. La Finma n’examine, certes, que dans un second temps, si elle entend ouvrir des procédures à l’encontre d’individus responsables.






 
 

AGEFI



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