Les Etats-Unis veulent renforcer les sanctions contre Huawei

vendredi, 15.05.2020

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles mesures pour brider la capacité du groupe de télécommunications chinois Huawei à développer des semiconducteurs à l'étranger grâce à de la technologie américaine.

L'administration Trump perçoit le fabricant Huawei comme une menace pour la sécurité nationale.(Keystone)

Un an après avoir pris des sanctions contre le groupe de télécommunications Huawei, les Etats-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles mesures pour contrôler un peu plus le géant chinois. L'administration Trump perçoit le fabricant comme une menace pour la sécurité nationale.

Le ministère américain du Commerce a annoncé tôt vendredi une série de mesures pour brider la capacité du groupe chinois à développer des semiconducteurs à l'étranger grâce à de la technologie américaine. Huawei recourt à ce type de puces électroniques pour ses smartphones et ses équipements de réseau.

"Cette annonce bloque les efforts de Huawei pour contourner les contrôles à l'exportation", affirme le ministère dans un communiqué. Cette annonce devrait encore tendre des relations déjà mises à mal par la pandémie de Covid-19, qui a démarré en Chine, ce que Donald Trump ne manque jamais de reprocher à Pékin.

Le ministère annonce avoir "ciblé stratégiquement et très précisément les achats de semiconducteurs par Huawei, qui sont directement issus" du savoir-faire américain. Les autorités américaines font tout pour limiter la présence aux Etats-Unis du géant chinois de la télécommunication, qu'elles accusent de travailler avec les autorités chinoises.

Liste noire

Les Etats-Unis l'ont placé sur une liste noire, rendant leur collaboration avec les entreprises américaines pratiquement impossible. En conséquence, la société chinoise ne peut plus installer les services de Google sur ses smartphones.Un responsable du département d'Etat américain souhaitant conserver l'anonymat a expliqué qu'il ne s'agissait pas forcément d'empêcher Huawei d'avoir accès à ces produits, mais de le forcer à demander une licence. "Il ne faut pas conclure trop vite de ce que sera l'impact", a-t-il dit.Outre les mesures d'interdiction d'utilisation de certains matériels sur le territoire américain, la diplomatie américaine se dépense sans compter pour convaincre les plus proches alliés de Washington de faire de même, notamment en bannissant Huawei de l'accès au marché des équipement pour la 5G, la nouvelle norme de la téléphonie mobile.

 

Peu d'effets

Mais cette campagne menée tambour battant a un succès mitigé. Ainsi la décision de Londres, le 28 janvier, d'utiliser certains composants Huawei dans la future infrastructure 5G a été perçue comme un véritable camouflet dans la capitale américaine.

Et le lendemain, c'est l'Union européenne qui avait ouvert à son tour la porte à Huawei, à des conditions très strictes mais permettant au groupe de se féliciter de l'approche "objective et basée sur les faits" concernant la sécurité de la 5G.

En annonçant les nouvelles restrictions vendredi, les autorités américaines ont affirmé s'être rendu compte que Huawei avait réussi à contourner les restrictions imposées depuis 2019. Huawei et 114 filiales avaient alors été placées sur une liste noire, qui obligeait les entreprises à obtenir une licence pour pouvoir exporter des produits américains.

"Toutefois, Huawei a continué à utiliser les programmes informatiques et de la technologie américaine pour développer des semiconducteurs, minant par la même la sécurité nationale et l'objectif diplomatique de la liste en commandant sa production à l'étranger dans des fonderies utilisant des équipements américains", accuse le ministère au Commerce.

120 jours

"Ce n'est pas comme cela que doit se comporter une entreprise citoyenne mondiale qui se veut responsable", a dénoncé le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross.

"Il nous faut changer nos règles exploitées par Huawei et HiSilicon (une filiale du géant de la télécommunication fabriquant des semiconducteurs, ndlr) pour empêcher que des technologies américaines ne servent les activités malveillantes contraires aux intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis et de leur politique étrangère", a insisté M. Ross.

Le gouvernement américain accorde toutefois un délai de 120 jours, à partir de ce vendredi, avant l'application de ces nouvelles restrictions. Les entreprises étrangères utilisant de la technologie américaine pour fabriquer des semiconducteurs pour Huawei ou ses filiales pourront encore livrer les semiconducteurs déjà produits à la date de vendredi pendant une période de 120 jours.(awp)






 
 

AGEFI



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