Le secteur bancaire tessinois souffre du manque d'accès au marché italien

vendredi, 28.06.2019

Les établissements tessinois axés sur les activités transfrontalières ont connu un exercice 2018 mitigé. En plus de l'année boursière difficile, la situation sur le marché italien pèse, du fait que les conseillers helvétiques ne peuvent plus s'y rendre.

Les établissements axés sur les activités transfrontalières ont connu un exercice 2018 mitigé.(Keystone)

Le secteur bancaire tessinois continue de pâtir de son accès restreint au marché italien. Si certains segments ont connu une année 2018 faste, ceux orientés vers la clientèle internationale n'ont été que "satisfaisants", estime Alberto Petruzzella, président de l'Association bancaire tessinoise (ABT).

"En ce qui concerne les activités du marché domestique, comme la banque de détail, le segment hypothécaire et le conseil à la clientèle en général, les résultats sont très bons", affirme l'ex-responsable de Credit Suisse au sud des Alpes vendredi dans les colonnes du Corriere del Ticino, au lendemain de la publication des statistiques de la Banque nationale suisse (BNS) sur le secteur.

En revanche, les établissements axés sur les activités transfrontalières ont connu un exercice 2018 plus mitigé. "En plus de l'année boursière difficile, la situation sur le marché italien pèse", du fait que les conseillers helvétiques ne peuvent plus s'y rendre, et par conséquent les activités avec les clients y sont limitées, ce qui affecte les résultats des banques.

Sur le front de l'emploi, les réductions d'effectifs bancaires ont été proportionnellement plus élevées au Tessin que dans l'ensemble de la Suisse, "car nous payons de manière importante l'hypothèque du marché italien", relève le président de l'ABT, signalant en plus des difficultés d'accès, la fragilité conjoncturelle transalpine. "Si l'on ne crée pas de richesse dans l'économie réelle, il ne peut pas y avoir de transfert d'argent dans les banques", résume-t-il.

Revenant sur l'afflux de capitaux de son voisin observé au cours des derniers mois, M. Petruzzella se veut prudent, et qualifie de "hot money" des fonds "qui arrivent vite et peuvent s'en aller tout aussi vite".

Il souligne par ailleurs que les montants des clients italiens restent en dépôt et ne sont pas investis, rappelant qu'actuellement, l'argent qui n'est pas réinjecté dans les marchés occasionne des coûts pour les banques du fait des taux négatifs.(awp)






 
 

AGEFI



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