Les entreprises suisses tablent sur une reprise

mardi, 14.07.2020

Daniel Kalt* et James Mazeau**

Daniel Kalt et James Mazeau

La première phase de la crise sanitaire est passée. Après avoir réussi à contenir la propagation du virus relativement rapidement, les autorités helvétiques ont rouvert l’économie.

Le Conseil fédéral et les autorités ont apporté une réponse rapide et énergique, jetant les fondements d’une reprise économique pour ces prochains trimestres. Cela dit, il n’a pas été possible d’éviter un effondrement économique sans précédent au premier semestre de l’année.

La deuxième phase

Dans un second temps, la reprise de l’économie suisse doit être pérennisée afin que la récession du premier semestre ne se transforme pas en une période de faiblesse prolongée. Toutefois, l’arsenal de mesures déployées jusqu’ici n’a vocation qu’à être de courte durée et son efficacité s’atténuera au fil du temps. 

Les entreprises doivent dès lors être prêtes à reprendre le «flambeau» du Conseil fédéral et de la Banque nationale suisse. Ceci afin d’assurer la reprise en investissant et en maintenant, voire en développant, les emplois. Reste que leur volonté d’y parvenir demeure tributaire de leurs perspectives à moyen terme.

Selon l’enquête d’UBS auprès de 2500 entreprises, la conviction qu’une reprise s’opérera à moyen terme est intacte. 71% des sociétés interrogées s’attendent à une stagnation ou à une hausse du chiffre d’affaires en 2022 par rapport à 2019. 87% d’entre elles prévoient d’employer le même nombre de collaborateurs, voire plus. 

Cette tendance vaut non seulement pour toutes les entreprises, mais aussi pour toutes les branches et toutes les régions. Toutefois, selon la branche, jusqu’à un quart des entreprises anticipent, dans un avenir prévisible, une baisse de leurs effectifs par rapport aux niveaux d’avant la crise. Leurs perspectives risquent d’être alors beaucoup plus modestes sur le front de l’investissement et de l’emploi. 

Les attentes stables des entreprises conditionnent une reprise durable. Il n’en demeure pas moins qu’en cas d’évolution négative de la pandémie, les attentes et donc la propension des entreprises à investir pourraient aussi à nouveau se détériorer rapidement, ce qui compromettrait la reprise.

La technologie a le vent en poupe

Le confinement a contraint les entreprises helvétiques à recourir davantage à des formes de travail flexibles et à des solutions digitales. Les entreprises interrogées ont exprimé leur ferme intention de continuer à travailler avec ces instruments même après la récession. 

Au cours des derniers mois, 60% des entreprises ont davantage eu recours au télétravail, une tendance que quatre entreprises sur cinq ont l’intention de maintenir. On peut donc légitimement espérer que la crise du coronavirus donnera à l’économie suisse un élan technologique à plus long terme.

Les leçons à tirer

A l’avenir, afin d’être mieux préparées à des chocs similaires, de nombreuses entreprises prévoient d’investir dans la digitalisation, d’augmenter leurs réserves financières ou d’adapter leurs produits et leurs services. Les grandes entreprises s’appuient également sur une analyse plus poussée des risques. 

Cependant, la plupart d’entre elles se refusent à intervenir massivement dans leur organisation, par exemple par le biais d’une fusion ou d’une vente. La pandémie et le confinement ont également pénalisé les chaînes de valeur des entreprises. Près de la moitié d’entre elles ont rencontré des difficultés de livraison. 

Néanmoins, des mesures telles que l’internalisation ou le homeshoring ne sont pas considérées comme des priorités. Les entreprises interrogées ont plutôt tendance à se concentrer sur les mesures qui peuvent être mises en œuvre rapidement et facilement.

* Chef économiste Suisse / ** Economiste, Chief Investment Office, UBS Global Wealth Management






 
 

AGEFI



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