Les émergents ont le vent en poupe

vendredi, 05.04.2019

Gianni Pugliese*

Obligataire. La performance de l’indice Bloomberg Barclays EM Corporates a été de 5,38% et son spread de crédit s’est resserré de 74bp. Le rallye s’est étendu à la majorité des secteurs avec un rythme très soutenu au cours des deux premiers mois de l’année. Puis, il a ralenti en mars suite à la hausse de la volatilité provoquée par des développements politiques et idiosyncrasiques propres à plusieurs pays parmi lesquels la Turquie, le Brésil et l’Argentine. Pas de quoi décourager le marché, la tendance est restée positive. 

La baisse des rendements du Trésor US a favorisé les maturités longues, malgré la pentification de la courbe des spreads. La corrélation entre la courbe US et celle des spreads montre que, sur une base historique, un aplatissement de la courbe souveraine US tend à augmenter la pente de la courbe des spreads de crédit. En termes de flux, les fonds obligataires émergents en dollar ont enregistré des entrées de fonds substantielles. Au total, les achats ont atteint 16,3 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit le niveau le plus élevé parmi les principales classes d’actifs, selon Barclays. 

La volte-face rhétorique – devenue extrêmement colombe – des grandes banques centrales, le redressement rapide des cours du pétrole – après la chute brutale du 4e trimestre – ainsi que la bonne tenue des crédits émergents ont fortement contribué à la hausse des flux entrants. L’activité sur le marché primaire a été inégale selon les régions. Sur un total de 91 milliards de nouvelles émissions durant le trimestre, les entreprises asiatiques ont fait preuve de dynamisme avec un volume d’offre équivalent à 63 milliards. 

Les emprunteurs des régions EEMEA et LatAm ont été beaucoup moins présents, ayant sollicité le marché à hauteur de 18 et 10 milliards. En Amérique latine le niveau de nouveaux emprunts enregistré au 1er trimestre a été le second plus faible observé au cours des six dernières années. Même contexte pour les entreprises EEMEA, mais dans une moindre mesure, avec un total émis inférieur à celui des deux dernières années. La Chine s’est taillée la part du lion (41 milliards) sur le marché primaire en produisant l’offre la plus élevée de nouveaux emprunts, non seulement en Asie mais aussi au monde. Les entreprises turques (5 milliards) et brésiliennes (5 milliards) ont été les plus actives au sein de leurs régions respectives. 

La faiblesse de l’offre d’obligations d’entreprises EEMEA et LatAm est de bon augure pour les flux à venir car au second trimestre les échéances seront plus nombreuses qu’au premier. La combinaison de ces deux facteurs devrait donc fournir un élément d’absorption et de support aux deux régions, même en cas de baisse d’entrées de flux dans la classe d’actifs.

* Analyste obligations, Mirabaud






 
 

AGEFI



...