Les élections au Royaume-Uni

mardi, 10.12.2019

Marie Owens Thomsen*

Marie Owens Thomsen

Les Britanniques s’apprêtent à passer aux urnes le 12 décembre 2019 pour des élections anticipées. Le parlement du Royaume-Uni est composé de deux chambres mais seule la chambre basse, comprenant 650 sièges (533 en Angleterre, 59 en Ecosse, 40 au Pays de Galle, et 18 en Irlande du Nord), est élue par le peuple. 

En 2017, les deux plus importants partis du Royaume, les travaillistes et les conservateurs, captaient 84% du vote à eux deux. D’après les récents sondages, ils ne devraient capter que 74% cette année, rendant l’obtention d’une majorité potentiellement plus difficile. En outre, une grande partie de la population n’a pas encore arrêté son choix. Seul 16% des Britanniques s’identifient fortement à leur parti alors que pendant les années 1960, ils étaient presque 50% à s’y identifier. D’après d’autres sondages, entre 13% et 40% des votants seraient actuellement indécis. La marge d’erreur des sondages se situe normalement autour de 10%. Avec 40% d’indécis, les sondages pourraient s’avérer encore moins probants. 

Concernant les jeunes, plus de 60% des votants âgés de 18 à 29 ans ont soutenu le parti travailliste en 2017, tandis que 69% des votants de 70 ans ou plus ont voté pour le parti conservateur. Plus de 1,5 million de personnes entre 18 et 34 ans se sont enregistrées pour voter durant le mois de novembre, contre 1,2 million sur la même période en 2017. Le vote de ces jeunes pourrait donc être déterminant, même si, en 2015 et 2017, seul 40% à 50% des jeunes ont voté, loin derrière les 80% de taux de participation parmi la population âgée de 70 ans ou plus. 

La plupart des sondages des élections de ce jeudi suggèrent une majorité plus ou moins importante pour le parti conservateur. Une tendance à laquelle devait également s’attendre également l’ex-première ministre Theresa May en 2017 qui  a pourtant fini par perdre 13 sièges ainsi que la majorité absolue. Il n’est donc pas exclu que les élections de ce jeudi produisent encore un parlement sans majorité.

Un parlement sans majorité serait en réalité une victoire pour le Parti travailliste car sans une majorité de sièges au parlement, le premier ministre Boris Johnson devrait éprouver quelques difficultés à former un nouveau gouvernement, même si son parti capte le plus grand nombre de sièges. Il faut noter que Boris Johnson a déçu l’Irlande du Nord étant donné l’exception qu’il a accepté pour cette région dans son accord avec l’Union européenne. Il s’est également déclaré toujours contre un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, se mettant ainsi le parti national écossais à dos. Les libéraux-démocrates pourraient soutenir un gouvernement conservateur, comme pendant le gouvernement de David Cameron et Nick Clegg (2010-2015), mais ceci serait a priori conditionné à un référendum sur la sortie du pays de l’Union européenne et donc très peu probable. 

Le parti travailliste pourrait aussi se trouver au gouvernement, avec potentiellement le soutien des Ecossais et des libéraux, ces deux derniers partis demandant chacun leur référendum. Ainsi, non seulement le résultat de ces élections est difficile à prédire, mais l’avenir le sera également, et ce peu importe le résultat.

* Global Chief Economist, Indosuez Wealth Management






 
 

AGEFI




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