L'excellente performance des obligations émergentes se poursuivra-t-elle en 2020?

vendredi, 29.11.2019

Les dynamiques de courbes de rendements émergentes devraient demeurer semblables.

Gianni Pugliese*

Gianni Pugliese

L’année arrive à son terme et la vaste majorité des indices obligataires affiche des performances excellentes. 

Les secteurs des émetteurs souverains, d’entreprises et émergents arborent tous un drapeau vert, quelle que soit la catégorie: investissement ou spéculative. Parmi les rares perdants figurent le Venezuela (-43% depuis le début de l’année), l’Argentine (-33%) et l’Equateur (-2.5%). A ces trois indices pourrait s’ajouter bientôt celui du secteur pétrolier américain, noté en catégorie spéculative, en perdition depuis fin avril. Sa performance, alors proche de 10.4%, a chuté à 0.12% actuellement. A quelques exceptions près 2019 est une année florissante, avec des performances en dollar supérieures à 17% en Indonésie, au Mexique ou en Egypte, au-delà de 18% au Kazakhstan et même de 19% en Uruguay. Mais 2019 touchant bientôt à sa fin, que nous réserve l’année à venir, en particulier suite à un tel rallye sur les marchés émergents? 

Sans grande surprise, la raison suggérerait, qu’à ce stade, les attentes de retour sur investissement devraient être réduites, surtout si le scénario central est celui d’une Fed moins expansive et de rendements américains haussiers. Cela dit, les dynamiques de courbes de rendements émergentes devraient demeurer semblables. Dans la mesure où la quête de rémunération continuera de favoriser l’exposition à des maturités plus longues, la tendance à l’aplatissement des courbes observé cette année devrait persister, même si dans des proportions plus limitées.

Ce positionnement a jusqu’ici porté ses fruits puisque sur les 11,2% de performance de l’indice «Bloomberg Barclays EM USD Aggregate», au 22 novembre, la duration a contribué à hauteur de 5,75%, contre 4,69% pour le portage et environ 0,75% pour le resserrement de la prime de risque. Ainsi, dans les mois qui suivront, les émergents souverains notés en catégorie d’investissement dont les courbes sont les plus pentues, pourraient potentiellement être favorisés en cas d’aplatissement prolongé. Parmi eux figurent le Mexique (USD) où l’écart entre les rendements à 10 et 30 ans est de 93pb et la Russie (USD) avec 77pb. A titre de comparaison, l’écart est de 45pb aux Etats-Unis. 

Quant à la question du retour sur investissement, la dette émergente devra compter sur un coup de pouce des primes de risque pour compenser des rendements américains plus élevés en 2020. Des analystes de Bloomberg prévoient en effet une contribution négative de 63pb l’année prochaine, soit un revirement considérable comparé aux 575pb cités plus haut. Selon leurs calculs, les revenus en provenance des coupons généreraient 510pb, ce qui équivaudrait à une performance toujours positive de 4,47%. Elle est bien loin de 11,2% mais peut faire mieux en cas de resserrement des primes de crédit ou moins bien en cas d’élargissement. Qui sait...

* Analyse Obligations chez Mirabaud & Cie






 
 

AGEFI




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