Les femmes se font une place sur la scène suisse des start-up

jeudi, 07.03.2019

Les données publiées par Venturelab révèlent une augmentation du nombre de femmes dans l’écosystème des start-up suisses, particulièrement au poste de fondatrice. Illustration avec une sélection de trois cheffes entrepreneures à surveiller de près en 2019.

Marine Humbert

"J'ai rencontré des situations où les gens pensaient que j'étais le secrétaire." Deborah Heintze, co-fondatrice & COO de Lunaphore.

Où sont les femmes? Une question qui se pose fréquemment de la Suisse à la Silicon Valley, au vu de la domination des hommes dans l’industrie mondiale de la technologie. Le manque de visages féminins devient un problème qui se perpétue, car les femmes qui ne se sentent pas représentées peuvent à leur tour ne pas être attirées par l’écosystème des start-up. Une problématique mise en lumière par l'accélérateur de start-up VentureLab, à l’occasion de la Journée internationale des Droits des femmes ce vendredi.

"En partageant des données sur la diversité des sexes pour nos différents programmes de démarrage exploités par Venturelab, nous pouvons contribuer aux discussions sur le genre et l'entrepreneuriat dans les hautes technologies", a déclaré Jordi Montserrat, cofondateur et associé directeur de Venturelab. «Ces chiffres ne représentent pas une étude exhaustive, mais pourraient fournir des informations intéressantes et motiver, espérons-le, davantage de femmes à embrasser cette carrière.»

Les données publiées par Venturelab montrent que 172 femmes entrepreneures occupent actuellement des postes à responsabilité au sein des start-up que compte la Suisse. Parmi ces différents programmes, une conclusion générale peut être tirée: le nombre de femmes dans l’écosystème des start-up suisses connaît une augmentation. Particulièrement au poste de fondatrice.

Innosuisse start-up training 2018: 15 à 38% de femmes

Concernant la formation initiale proposée par Inossuisse, en 2018, parmi les 393 entrepreneurs que comptent les ateliers de formation pour la création et la croissance d’entreprises, 15% des participants dans le secteur de l’ingénierie sont des femmes.

Dans les cours de Medtech, ce pourcentage passe à 38%. En biotechnologie, les femmes représentent 24% des participants. Dans la mesure où Innosuisse exige des participants qu’ils défendent leur projet d’un point de vue technologique, avec une innovation académique, ou orientée vers le modèle d’entreprise, qui nécessite généralement un diplôme d’une université suisse, ces chiffres sont probablement en corrélation avec le nombre de femmes qui suivent des cours universitaires dans leurs domaines respectifs.

Venture Kick 2018 : 32% de femmes

Au niveau des programmes de formation que propose Venturelab, tels que VentureKick, qui fournit un financement de démarrage aux start-up innovantes à base scientifique, environ un tiers des projets ayant bénéficié d’un soutien en 2018 incluaient des femmes dans leur équipe. Depuis le début de l’année 2019, Venture Kick a connu une nette augmentation de femmes: 7 des 12 projets dépassant la première étape comprenaient au moins une femme dans l’équipe, concluant à un taux de participation général des femmes de 58%.

TOP 100 Swiss Startup Award 2018: 28% de femmes

Parmi les 100 start-up désignées comme les plus innovantes et les plus prometteuses de Suisse, trois des premières start-up sélectionnées en 2018 comptaient des femmes au sein de leurs équipes fondatrices.

Venture leaders 2018: 34% de femmes

Les chiffres sont moins encourageants du côté des équipes nationales suisses de start-up. Baptisées Venture Leaders, ces dernières vont à la rencontre de potentiels investisseurs lors de tournées internationales. Elles comptaient seulement 10% de femmes en 2018, soit un total de 5 femmes sur 50 Venture Leaders, alors que 34% des entreprises sélectionnées incluaient des femmes parmi leurs fondatrices.

Trois femmes entrepreneures à suivre de près en 2019

Deborah Heintze, co-fondatrice & COO de Lunaphore Technologies, qui développe un dispositif innovant de diagnostic des tissus.Elle figure dans la liste européenne « Forbes 30 Under 30».

"Ayant été entourée principalement par des hommes à plusieurs moments de ma vie, ce n’était pas complètement nouveau pour moi d’entrer dans le monde de l'entrepreneuriat - en particulier dans le secteur de la haute technologie et à proximité de l'EPFL, où il y a une minorité de femmes. J'ai rencontré des situations où les gens pensaient que j'étais le secrétaire ou ne me regardaient pas nécessairement quand on parlait de sujets techniques, mais cela, heureusement, était assez rare."

Olga Dubey CEO d'AgroSustain, qui développe des traitements novateurs inspirés des plantes pour une agriculture durable, figure dans la liste européenne « Forbes 30 Under 30».

"Je ne me suis jamais sentie sous-estimée en tant que femme dans la communauté des start-up. L'environnement entrepreneurial en Suisse est extrêmement ouvert et convivial. En effet, il y a plus d'hommes que de femmes, mais je pense que ce rapport est davantage lié à la pression et à l'insécurité. Mon seul souci est que certains membres du jury trouvent parfois déroutant de juger une femme entrepreneure, mais ils doivent s'y habituer! Hommes et femmes peuvent apporter chacun quelque chose d'unique à leurs startups, et je crois que ce n'est qu'en travaillant étroitement les uns avec les autres, que nous pouvons construire des entreprises solides."

Eugenia Balysheva, CEO de Dotphoton, le fabricant de logiciels utilisant la physique quantique pour compresser des fichiers image sans distorsion, notamment à l’attention des hôpitaux.

Pour Eugenia Balysheva, l'entreprenariat est une "responsabilité énorme, mais aussi une joie immense. C'est ce qui me motive: il y a quelque chose de si important qui me tient éveillée la nuit. Mais cela ne me fatigue pas, je me sens très débrouillarde. Je dois apporter les ressources à l'équipe."

Mais aussi: Selina Capol, Martina Hotz, Aleksandra Iakusheva, Madiha Derouazi, Lea von Bidder, Anne Mellano, Cristina Rossi, Léa Miggiano, Fabienne Hartmann-Fritsch, Daniela marino, Anna Beltzung, Anne Schmidt, Michel Puddu, Özge Karakas, Séverine Chardonnnens, Mélanie Guittet, Antonia Bolla, Lidia Bolla, Luiza Dobre, Aike Festini, Maite Mihm, Zsuzsanna Püspöki, Christina Vallgren, Dorina Thiess, Claudia Hoessbacher, Danuta Cichocka, Meriam Kabbak, et Amélie Béduer.






 
 

AGEFI



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