Sommet européen: journée "décisive" sur le plan de relance, un échec reste possible

dimanche, 19.07.2020

En raison de profondes divisions, Angela Merkel n'a pas écarté dimanche le risque d'un échec dans les négociations sur le plan de relance post-coronavirus.

L'unanimité des Etats membres étant requise, un compromis est particulièrement difficile à trouver sur le plan de relance. (Keystone)

La chancelière allemande Angela Merkel n'a pas écarté dimanche le risque d'un échec dans les négociations sur le plan de relance post-coronavirus. Les 27 apparaissent profondément divisés.

"Il y a beaucoup de bonne volonté (...) mais il est aussi possible qu'aucun résultat ne soit obtenu aujourd'hui", a déclaré Mme Merkel à son arrivée au sommet pour une journée qu'elle a qualifiée de "décisive". "Je ne peux toujours pas dire si une solution sera trouvée", a insisté Mme Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.

Le président français Emmanuel Macron, qui défend ce plan aux côtés de l'Allemande, a lui prévenu que les "compromis" ne pouvaient pas se faire "au prix de l'ambition européenne". Malgré des "dissensions", un accord est encore "possible", a-t-il cependant estimé.

Mme Merkel et M. Macron ont retrouvé à 09h30 le président du Conseil européen, Charles Michel pour décider de la marche à suivre, après 48 heures de discussions qui n'ont pas permis de faire plier les Pays-Bas et leurs alliés "frugaux" (Danemark, Suède et Autriche, ainsi que la Finlande), très réservés sur ce projet.

Unanimité requise

Les 27 dirigeants de l'UE se retrouveront ensuite à midi pour continuer à discuter de ce plan de relance, rendu d'autant plus urgent que l'Europe affronte une récession historique.

Sur la table des négociations, un fonds constitué par une capacité d'emprunt de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne, adossé au budget à long terme de l'UE (2021-2027) de 1074 milliards d'euros. L'unanimité des 27 Etats membres étant requise, un compromis est particulièrement difficile.

Samedi, Charles Michel a réuni le président français, la chancelière allemande, les dirigeants des quatre "frugaux", auxquels s'est joint celui de la Finlande. "Cette réunion a été très dure", ont indiqué à l'AFP deux sources européennes.

Ils attendaient un pas des "frugaux" en leur direction, qui n'est pas venu. Samedi, M. Michel avait fait une proposition révisée pour tenter de lever les réserves sur le plan de relance. Il devrait en faire une nouvelle dimanche.

Liste de propositions

Une des options sur la table est de modifier la répartition entre prêts et subventions en augmentant la part des premiers à 300 milliards (contre 250 dans la proposition initiale) sans réduire la part des subventions directement destinées aux Etats pour soutenir leurs plans de relance.

Les "frugaux" préfèrent nettement les prêts aux subventions. Mais Paris et Berlin refusent des subventions inférieures à 400 milliards.

Charles Michel a par ailleurs proposé un mécanisme permettant à un pays qui aurait des réserves sur le plan des réformes présenté par un autre Etat pour obtenir ces aides, d'ouvrir un débat à 27, soit devant le Conseil européen, soit devant les ministres des Finances de l'UE. Cela offrirait de facto un droit de veto à n'importe quelle capitale.

Autre coup de pouce de Charles Michel pour vaincre les résistances: accroître certains "rabais" accordés aux pays qui versent davantage d'argent au budget de l'UE qu'ils n'en reçoivent. Outre ces sujets délicats, d'autres promettent de peser sur les discussions, en particulier la question de lier le versement des aides européennes au respect de l'Etat de droit, qui hérisse Budapest et Varsovie. (ats-afp)






 
 

AGEFI



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