Roumanie: adoption d'un projet controversé sur les dettes en francs suisses

mardi, 18.10.2016

Les députés roumains ont adopté à l'unanimité un projet de loi qui permet aux Roumains ayant souscrit des prêts libellés en francs suisses de rembourser leurs dettes en lei (la monnaie nationale), au taux de change en vigueur au moment où ils ont signé le contrat.

Début 2008, lorsque l'octroi de crédit connaissait un boom en Roumanie, le franc suisse s'échangeait environ 2,4 lei, contre 4,14 lei mardi. - (Reuters)

Les députés roumains ont adopté mardi à l'unanimité un projet de loi contesté par les milieux financiers qui permettra le remboursement dans des conditions préférentielles des dettes contractées en francs suisses.

Ce texte permet aux Roumains ayant souscrit des prêts libellés en francs suisses de rembourser leurs dettes en lei (la monnaie nationale), au taux de change en vigueur au moment où ils ont signé le contrat.

Début 2008, lorsque l'octroi de crédit connaissait un boom en Roumanie, le franc suisse s'échangeait environ 2,4 lei, contre 4,14 lei mardi.

Quelques heures avant le vote, les députés ont supprimé un article limitant l'effet de la loi aux seuls prêts inférieurs à 250.000 francs suisses.

Le gouverneur de la banque centrale (BNR), Mugur Isarescu, a critiqué mardi un projet porté par des "courants populistes qui peut générer l'euphorie des bénéficiaires à court terme mais qui risque d'avoir des coûts économiques considérables pour la société".

Si ce projet est promulgué tel quel par le Président, les coûts pour les banques s'élèveront à l'équivalent de 530 millions d'euros, selon une analyse de BNR. Environ 51.000 Roumains ont actuellement des prêts en francs suisses.

Se disant victimes de "discrimination", des Roumains endettés en euros ont réclamé de pouvoir bénéficier eux aussi de conditions préférentielles similaires.

L'adoption de ce texte intervient à deux mois d'élections législatives cruciales qui mettront fin à une année de gouvernement technocrate sur fond d'impopularité des partis traditionnels.

L'agence de notation Standard and Poor's a récemment mis en garde contre la tendance du Parlement à prendre, "à l'approche du scrutin de décembre, des initiatives (...) qui risquent d'entraîner un creusement du déficit public plus rapide que prévu".

Elle a cité des propositions de lois visant des baisses de contributions sociales et des hausses des retraites et des salaires, en débat au Parlement en dépit de l'opposition du gouvernement.

La Roumanie s'est engagée à boucler 2016 avec un déficit de 2,95%. - (awp)


 

 
 

 
 

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