Brexit: une semaine décisive pour les Britanniques

dimanche, 10.03.2019

Les députés britanniques votent cette semaine pour la date de sortie du Royaume Uni de l'Union européenne.

Theresa May retournera mardi devant la Chambre des communes pour soumettre à nouveau au vote des députés l'accord de retrait. (Keystone)

Les députés britanniques votent à partir de mardi pour concrétiser ou reporter la sortie du Royaume-Uni de l'UE fixée au 29 mars, près de trois ans après le référendum du Brexit.

D'ici là, des discussions techniques et politiques se poursuivent à Bruxelles, où les représentants britanniques veulent obtenir de leurs homologues européens des modifications de l'accord de retrait conclu avec l'UE en novembre.

Ce texte avait été massivement rejeté par le parlement britannique le 15 janvier. Depuis, la Première ministre britannique Theresa May s'est lancée dans une bataille sur deux fronts, pour tenter d'obtenir des concessions de l'Union européenne, tout en essayant de convaincre les parlementaires de changer d'avis.

Dans cette course contre la montre, la cheffe du gouvernement s'est heurtée au refus des Européens de rouvrir les négociations. En fonction du résultat des réunions de travail tenues à Bruxelles au cours du week-end, elle pourrait s'y rendre lundi pour d'ultimes tractations.

Dans tous les cas, Mme May retournera mardi devant la Chambre des communes pour soumettre à nouveau au vote des députés l'accord de retrait. Son adoption offrirait au Royaume-Uni une sortie ordonnée, quarante-six ans après avoir rejoint ce qui était à l'époque la Communauté économique européenne.

En cas de refus, elle leur demandera le lendemain s'ils veulent sortir de l'UE sans accord. Ce scénario d'une rupture brutale inquiète nombre de parlementaires, ainsi que les milieux d'affaires, à cause de ses conséquences économiques potentiellement chaotiques.

Si les députés refusent cette option, ils voteront jeudi sur une proposition de report "limité" du Brexit, au-delà du 29 mars. Les dirigeants européens ont prévenu que pour être accepté, tout report devra être dûment justifié.

Certaines sources estiment possible une alternative à ce plan en trois étapes annoncé par Theresa May. Si une sortie sans accord est refusée, un nouveau vote sur l'accord pourrait être organisé immédiatement après. Cela offrirait aux parlementaires, et particulièrement aux plus fervents partisans du Brexit, une nouvelle chance de soutenir l'accord et de permettre la concrétisation du Brexit, plutôt que de prendre le risque d'un report de la date de retrait qui plongerait le pays dans l'incertitude.

Le backstop ? "Pas un problème "

Le principal point d'achoppement des discussions entre Londres et Bruxelles réside dans le "filet de sécurité", ou "backstop" en anglais, un dispositif visant à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande, membre de l'UE, et la province britannique d'Irlande du Nord, destinée à en sortir. Il a été conçu pour préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen.

Ce dispositif prévoit, en dernier recours, le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE, et un alignement plus poussé de l'Irlande du Nord sur les normes européennes. Il est rejeté par les Brexiters qui estiment qu'il empêche de rompre les liens avec l'UE.

Malgré de nouvelles réunions de travail la semaine passée à Bruxelles, le Royaume-Uni n'a pas obtenu les concessions qu'il recherchait pour modifier cette disposition.

Samedi, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a cherché à rassurer les parlementaires, affirmant au Financial Times que les craintes de voir le Royaume-Uni arrimé indéfiniment à l'UE à cause du backstop étaient "valables en termes strictement juridiques" mais que cette hypothèse ne constituait "pas un problème en réalité".

Il les a incité à soutenir l'accord, soulignant que si le texte était adopté, les budgets prévus pour soutenir l'économie en cas de "no deal" alimenteraient les dépenses publiques, et permettraient une réduction de la dette et de la fiscalité.

Le Parti travailliste, principale formation d'opposition, a déjà affirmé son intention de rejeter le texte. "Nous sommes contre l'accord", a déclaré samedi la députée Emily Thornberry au Times. "S'il est adopté, alors il faut qu'il soit soumis au vote des Britanniques" lors d'un nouveau référendum.

Theresa May a elle mis en garde les députés sur l'incertitude qu'engendrerait un rejet du texte.

"Soutenez cet accord et le Royaume-Uni sortira de l'Union européenne. Rejetez-le et personne ne sait ce qui se produira", a-t-elle dit vendredi. (awp)






 
 

AGEFI



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