Guy Lachappelle nouveau président de Raiffeisen

samedi, 10.11.2018

Les délégués des banques Raiffeisen ont élu à une large majorité Guy Lachappelle au poste de président du conseil d'administration.

Le nouveau président de Raiffeisen Guy Lachappelle. (Keystone)

Réunis samedi à Brugg en assemblée extraordinaire, les délégués des banques Raiffeisen ont franchi une nouvelle étape pour sortir de l'ère de l'ancien directeur général (CEO) Pierin Vincenz. Ils ont élu à une large majorité Guy Lachappelle au poste de président du conseil d'administration et accepté de nouvelles étapes dans la réforme du groupe.

A l'issue de l'assemblée, le nouveau président a déclaré devant la presse que les délégués ont posé les jalons pour l'avenir du groupe. L'ancien patron de la Banque cantonale de Bâle reprend le poste de président du conseil, vacant depuis mars dernier. Il a promis de s'attacher à ses nouvelles fonctions avec "engagement et passion" et la volonté de changement.

Les 163 délégués des 246 banques Raiffeisen ont aussi élu les candidats qui leur étaient proposés pour renouveler le conseil d'administration. Les élus sont Karin Valenzano Rossi, Andrej Golob, Thomas Müller et Beat Schwab. Avec le retrait simultané des trois membres du conseil qui étaient encore en place, l'organe de surveillance ne comporte plus aucun membre lié à l'ère Vincenz.

Romance confirmée

S'il a un nouveau président, le groupe Raiffeisen reste en revanche sans CEO pour le moment, après que Patrik Gisel a démissionné avec effet immédiat vendredi soir. La recherche d'un nouveau patron est bien avancée, a déclaré le vice-président Pascal Gantenbein, sans préciser la date de la nomination d'un nouveau patron.

Dans une déclaration écrite lue par M. Gantenbein, M. Gisel a conformé une relation sentimentale avec une administratrice du groupe qui était en poste jusqu'à l'été passé. Cette relation n'existait pas encore avant que l'administratrice en question quitte sa fonction, si bien qu'il n'y a aucun conflit d'intérêt. Les investigations menées par Raiffeisen ont confirmé cela, a précisé M. Gantenbein.

Programme de réforme

Les délégués ont donné mandat à Raiffeisen Suisse de mettre en route les prochaines étapes du programme de réforme "Reform 21". Les diverses banques membres du groupe souhaitent avoir plus d'influence et de droit de regard au niveau du groupe, a souligné Kurt Sidler, président du groupe de coordination des associations régionales des banques Raiffeisen. A propos du souhait de l'autorité de surveillance des marchés Finma de transformation de la coopérative Raiffeisen Suisse en une société anonyme, M. Sidler a relevé qu'il y a très peu de soutien de la base à cette solution.

Résultat intermédiaire de l'enquête de Bruno Gehrig

Les résultats intermédiaires de l'enquête indépendante consacrée à l'ère Vincenz et dirigée par le professeur d'économie Bruno Gehrig ont été présentés aux délégués et ils confirment les conclusions de la Finma. Le groupe Raiffeisen a, sous l'ère Vincenz, crû très rapidement via des acquisitions, alors que ses structures n'étaient pas adaptées pour cela, a relevé M. Gantenbein.

L'enquête doit être achevée d'ici la fin de cette année et, pour le moment, aucun détail ne peut être révélé car des enquêtes du ministère public sont en cours. Pour cette raison, le vote sur la décharge pour l'exercice 2017 a une fois encore été repoussé.

Le ministère public zurichois enquête actuellement contre M. Vincenz, soupçonné de gestion déloyale lorsqu'il présidait la société de cartes de crédit Aduno. Il lui est notamment reproché d'avoir, durant la période où il était CEO, d'avoir joué un double jeu en relation avec Aduno et la société d'investissement Investnet et de s'être enrichi personnellement. Dans le cadre de cette enquête, M. Vincenz avait été placé en détention préventive durant 106 jours. Il avait été libéré peu avant la mi-juin. (awp)






 
 

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