Les défis auxquels fait face l’enseignement supérieur

lundi, 03.12.2018

Christophe Clavé*

Une course est lancée. Ses participants son chaque année plus nombreux. En Europe et aux Etats-Unis leur sociologie, leurs origines, leur nombre changent rapidement. Il s’agit de la course aux études supérieures. Pearson a conduit une enquête auprès de plus de 2500 personnes de 14 à 40 ans dans différents pays. Je croise ici quelques-unes de leurs conclusions avec ma pratique d’enseignant.

Les étudiants d’aujourd’hui ont envers les établissements d’enseignement supérieur des attentes plus variées et sans doute plus complexes que leurs ainés.

Les attentes exprimées sont tellement divergentes que pour y répondre, les universités et écoles de l’enseignement supérieur vont sans doute devoir segmenter leurs «clients» afin de pouvoir apporter des réponses adaptées à chaque type de demande.

Trouver un travail

L’attente numéro 1 des nouveaux étudiants est de trouver un travail, ou un meilleur travail que celui qu’ils ont. Pendant 30 ans, la première attente exprimée par leurs ainés a été d’apprendre et de s’épanouir. Cette orientation interroge les universités et écoles sur le contenu de leurs enseignements, leurs priorités pédagogiques, et immanquablement leurs finalités.

Une autre nouveauté concerne la population qui s’adresse à l’éducation supérieure. Chaque année, une part croissance d’adultes ayant déjà une expérience professionnelle s’adresse à elle en demande d’apprentissages, et bien sûr d’un précieux parchemin leur ouvrant les voies d’une progression professionnelle.

Cette demande nouvelle pousse les établissements d’enseignement supérieur à développer une offre de formation continue dans l’attente de retombées économiques. Pour l’enseignement c’est un défi de construire des contenus pédagogiques à la demande, de gérer des cohortes d’étudiants hétéroclites (jeunes, professionnels, à temps-plein, à temps-partiel, dans différentes langues, le week-end, les vacances, etc…), et de fidéliser des enseignants compétents.

Ces mouvements sont porteurs de nouvelles exigences. Les professionnels sont en attente forte de contenu, d’une mise en perspective qui doit demeurer ancrée dans la réalité du management et des entreprises.

Le coût des études

Les étudiants «traditionnels», qui souvent paient également cher leurs études dans le privé deviennent consommateurs, et jugent les enseignements qu’ils reçoivent, se plaignant parfois bruyamment de leur rapport qualité / prix.

Ces bouleversements appellent de profonds changements dans le management des établissements d’éducation supérieure. Les étudiants deviennent clients.

Leurs profils se diversifient, ainsi que leurs attentes. Les établissements scolaires se trouvent pris entre les contraintes économiques qui les poussent à s’ouvrir à de plus en plus, et les exigences académiques, gage de la qualité et de la reconnaissance des diplômes et certificats qu’ils délivrent.

* Président EGMA






 
 

AGEFI



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