Les espoirs de croissance excessifs semblent nocifs pour les marchés

mercredi, 01.05.2019

Les craintes d’une récession se sont dissipée. Avec le redressement de la Chine, une reprise généralisée pourrait avoir lieu. Les marchés se réjouissent... à tort.

Matthias Jenzer*

Les marchés d’actions internationaux ont déjà gagné pas moins de 19 % cette année (au 22 avril) par rapport au MSCI World Index en CHF. Cette progression a pris sa source dans l’apaisement des craintes de récession dans le monde et dans le temps d’arrêt propice aux marchés que les principales banques centrales (Fed et BCE) ont marqué dans la stratégie de resserrement des politiques monétaires qu’elles avaient annoncée précédemment. 

Depuis quelques semaines, les perspectives s’éclaircissent considérablement pour la conjoncture mondiale. En Chine, les chiffres de l’économie se sont nettement améliorés et devraient très certainement continuer dans cette voie. Aux États-Unis, la conjoncture a retrouvé une assise solide après le creux récurrent du printemps. Même l’Europe, qui partait d’un niveau très bas, semble se redresser. De surcroît, le prix du pétrole a fortement augmenté au cours des derniers mois et pourrait grimper davantage encore. 

Tous ces éléments donnent à penser que les marchés emblématiques pour les emprunts d’État (États-Unis et Europe) seront le théâtre d’une correction substantielle dans les prochains mois – les taux à l’extrémité longue s’apprêtent à repartir à la hausse. Dans la foulée, les banques centrales importantes se sentiraient contraintes d’adopter un discours un tantinet plus déplaisant pour les marchés au sujet de leur future politique monétaire. Par effet de cascade, enfin, le climat se dégraderait à nouveau sur les marchés financiers mondiaux.

Vendre en mai ou en septembre?

Toute la question est de savoir quand commencera la correction du marché boursier. À l’heure actuelle, les espoirs de croissance ne sont pas encore suffisamment ancrés. La léthargie hivernale étouffe en-core les inquiétudes quant à l’inflation et les marchés des emprunts d’État sont encore relativement atones. Les marchés financiers peuvent donc se laisser entraîner par leur élan quelques mois supplémentaires, tandis que les places boursières se bonifieraient de quelque 10 à 20 % de plus. Il semble donc prématuré d’appliquer l’adage «Vendez en mai et partez». 

Il paraît aujourd’hui très probable que l’année 2019 soit pour l’essentiel un copier-coller de 2018: un départ sur les chapeaux de roues, puis une ligne d’arrivée franchie dans la douleur. 

Conclusion: patientez, mais vendez sans faute au mois de septembre... plus tard, il faudra brader!

*CIO, Quilvest (Switzerland)






 
 

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