Les cantons les plus compétitifs: Zoug devant Zurich et Bâle-Ville

mardi, 04.09.2018

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Tous les deux ans, UBS publie son «Indicateur de compétitivité des cantons» qui mesure et compare la compétitivité des différents cantons de Suisse entre eux. Cette analyse révèle notamment quels cantons et régions du pays présentent un potentiel de croissance supérieur à la moyenne.

Le classement des cantons est fondé sur 55 critères différents, répartis en huit axes ou piliers: structure de l’économie, innovation, capital humain, marché du travail, accessibilité, bassin d’attraction, niveau des coûts et finances publiques.
Pour chaque pilier, les cantons reçoivent une note relative entre 0 et 100. Cette approche multidimensionnelle permet une analyse détaillée des forces et faiblesses des économies cantonales, qui peut servir de base à des décisions stratégiques.

Un robuste potentiel de croissance

Les cantons de Zoug, de Zurich et de Bâle-Ville sont en tête de l’édition 2018 du classement. De tous les cantons, ils présentent donc, à nouveau, le plus fort potentiel de croissance à long terme. Suivent les cantons d’Argovie, de Schwytz, de Lucerne et de Vaud qui présentent eux aussi de bonnes perspectives de croissance économique.
Un peloton serré de onze cantons, emmené par Nidwald et conclu par Obwald, affiche un robuste potentiel de croissance. Au milieu de ce groupe, on retrouve des cantons de Suisse orientale (Thurgovie, Schaffhouse, Saint-Gall, Appenzell Rhodes-Extérieures) et de l’espace du Mittelland (Fribourg, Berne, Soleure), et enfin Bâle-Campagne et Genève. En queue de l’ICC 2018, figurent les deux grands cantons de montagne - le Valais et les Grisons - ainsi que le Jura.

En comparaison intercantonale aussi bien qu’interrégionale, c’est Zoug qui est en tête. Toutes les régions des autres cantons les mieux classés (Zurich, Bâle-Ville et Argovie) sont également parmi les meilleures. Les régions des quatre premiers cantons profitent de leur situation géographique centrale qui augmente beaucoup leur accessibilité et leur bassin d’attraction. En outre, les régions des cantons de Zoug, de Zurich et de Bâle-Ville se distinguent par un potentiel élevé dû à leur structure économique et à leur capital humain.

Si les cantons les mieux classés présentent relativement peu de disparités intérieures, d’autres souffrent de différences marquées, notamment Berne et Vaud. D’un côté, les régions urbaines de Berne et de Lausanne, qui présentent une structure économique forte et une bonne accessibilité qui les situent dans le tiers supérieur du classement. De l’autre, les régions les plus faibles de ces deux cantons, Saanen-Obersimmental et le Pays-d’Enhaut, figurent tout en bas de l’indicateur.

Dans le quintile supérieur

Dans les cantons à potentiel plutôt faible, certaines régions se démarquent du reste du canton. Ainsi, dans les Grisons, la région de Coire sort du lot, au Tessin celle de Lugano et à Neuchâtel la région homonyme. Ces trois centres régionaux affichent une structure économique nettement meilleure que les autres régions de leur canton. Lugano et Neuchâtel se situent d’ailleurs dans le quintile supérieur du classement des régions.
En Valais, le Bas-Valais fait mieux que le Haut et toutes les régions valaisannes s’améliorent depuis 2016. Contrairement aux Grisons, au Tessin et à Neuchâtel, la vallée du Rhône manque toutefois d’un centre moteur.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS






 
 

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