Second tour aujourd'hui des primaires en France

dimanche, 27.11.2016

Les bureaux de vote pour le second tour de la primaire de la droite et du centre viennent d'ouvrir. Ils fermerons à 19 heures. Les électeurs devront choisir entre François Fillon, arrivé premier dimanche dernier, et Alain Juppé.

François Fillon est le favori des sondages.

Les premières estimations du second tour de la primaire de la droite sont attendues à partir de 20h30.

Rappelons, s'il en est besoin, que ce second tour oppose François Fillon, arrivé premier dimanche dernier, à Alain Juppé.

S'ils sont d'accord sur l'évolution de système de santé, Les deux candidats divergent considérablement sur les leviers.

François Fillon veut économiser 20 milliards d'euros sur 5 ans et limiter l'augmentation des dépenses de santé à 2% par an avec une "règle d'or" : imposer l'équilibre des comptes de l'Assurance maladie.

Les Français seraient davantage mis à contribution, avec un basculement des cotisations maladie patronales vers un mix CSG/TVA, détaille dans son programme le candidat favori. Il souhaite aussi introduire une franchise médicale en fonction des revenus dans les limites d'un seuil et d'un plafond, qui remplacera le ticket modérateur et la franchise de 1 euro actuelle.

L'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy veut "focaliser" l'assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée (ALD) et l'assurance privée sur le reste. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l'assurance privée bénéficieraient "d'un régime spécial de couverture accrue".

"Clarifier la part prise en charge par la Sécurité sociale et par les mutuelles : cela passe par un panier des soins +solidaire+ dont sont exclus les soins de confort et la +bobologie+", se défend-il vendredi dans un communiqué.

Alain Juppé souhaite lui aussi rétablir les comptes à l'équilibre mais sans remettre en cause le taux de couverture des dépenses de santé par l'Assurance maladie. "Chaque pour cent de remboursement en moins, c'est autant de renoncement aux soins pour des personnes modestes, toutes celles qui paient des charges et ne bénéficient d'aucune aide pour leur santé", écrit-il dans son programme.

Il mise sur une "tolérance zéro" envers les actes inutiles et redondants et la lutte contre les fraudes par exemple en contrôlant davantage les conditions de résidence des assurés.
Tout deux souhaitent réformer l'Aide médicale d'Etat (AME) destinée aux immigrés en situation irrégulière, en la réservant aux situations d'urgence.

Les deux candidats de droite sont d'accord pour sortir des 35 heures à l'hôpital, mais avec une divergence de taille, l'augmentation de la rémunération du personnel: 

François Fillon veut établir les 39 heures à l'hôpital en "contrepartie" d'améliorations des rémunérations pas forcément équivalentes. L'ex-Premier ministre a cité en exemple l'entreprise Smart où les salariés ont accepté de travailler 39 heures payées 37.

Le maire de Bordeaux indique certes vouloir "sortir du dogme des 35 heures" et remettre à plat les organisations du travail , mais pas de "façon brutale". "39 heures payées 37 (..) ça ne se fera pas. On ne peut pas demander à des fonctionnaires de travailler plus pour gagner moins", a-t-il lancé jeudi soir lors de leur débat.

Les deux candidats partagent l'idée de développer des maisons médicales afin de désengorger les Urgences.

François Fillon souhaite la mise en place de structures de petites urgences, comme les maisons intercommunales de garde qui prendraient en charge les patients sans avance de frais.

Le député de la Sarthe écrit dans son programme qu'il a l'intention de rationaliser la carte hospitalière "quitte à accroître de façon raisonnable la distance d'accès" avec la reconversion d'établissements, mais aussi la fermeture de certains d'entres eux. Le maire de Bordeaux parle de "donner un nouveau rôle aux hôpitaux locaux".

Ils s'accordent pour valoriser d'avantage la médecine libérale et supprimer la généralisation du tiers payant. La dispense d'avance de frais, rejetée par la profession qui y voit des contraintes administratives supplémentaires, doit se mettre en place en 2017.
Face aux déserts médicaux, François Fillon et Alain Juppé privilégient les incitations, déjà nombreuses, à s'installer en zone sous dotée.


 

 
 



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