L’heure est aux prises de bénéfices, bercée par une brise optimiste

jeudi, 16.05.2019

Les bourses ont fortement rebondi en 2019, les valorisations se sont renchéries.

Daniel Varela*

Alors que tout semblait en place pour la signature d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, la réapparition de tensions commerciales entre ces deux poids lourds de l’économie mondiale a fait l’effet d’une douche froide auprès des investisseurs. L’augmentation des incertitudes à court terme nous a amené à réduire le risque dans les portefeuilles la semaine dernière. Nous avons ainsi réduit de 2, et de 1% dans le profil rendement, la part actions en annulant par conséquent l’augmentation décidée au mois de janvier. 

Des prises de bénéfices font en effet beaucoup de sens alors que les bourses ont fortement rebondi en 2019, les valorisations se sont renchéries et le sentiment est redevenu très optimiste. Les bourses américaine et européennes sont celles qui ont le plus progressé, c’est dès lors les marchés que nous coupons en priorité. Cette réduction se fait en faveur des liquidités dans la monnaie de référence des comptes, afin de réduire la sensibilité à une éventuelle recrudescence de la volatilité sur les changes. 

Une décision avant tout tactique

Ce renforcement de la monnaie de référence fait d’autant plus de sens pour les portefeuilles en franc suisse, la monnaie helvétique profitant généralement de tensions géopolitiques dans le monde. Cette réduction des actions est une décision avant tout tactique, car nous pensons que le contexte reste encore relativement propice aux marchés boursiers. Notre scénario table en effet sur un aboutissement différé mais néanmoins favorable de ces négociations. 

Dans l’idéal et du point de vue de l’économie mondiale, on souhaitera une résolution aussi rapide que possible. L’économie américaine continue de démontrer une grande résilience, la Chine profite de la politique de relance ciblée mise en place sur les derniers mois et l’activité semble trouver un fond en Europe. Mais plus cette période d’incertitude durera, plus grand sera l’impact sur la confiance des entreprises. 

Fort heureusement, le contexte monétaire est très différent de celui de 2018. La Réserve fédérale américaine pilotait à l’époque une remontée de ses taux de référence et une réduction de son bilan. Elle a changé de cap depuis. Les hausses de taux sont terminées et elle cessera prochainement de réduire les liquidités du système financier. Ailleurs dans le monde, les grandes banques centrales ont emboîté le pas à la Fed et sont également en mode accommodant. A moins d’une rechute économique inattendue, cette nouvelle attitude des banques centrales devrait représenter un soutien pour les marchés financiers, le temps de peaufiner les détails d’un nouvel accord commercial.

*Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



...