Les banques ont réduit leur exposition à la Grande-Bretagne

samedi, 25.11.2017

Les banques européennes ont largement réduit leur exposition et leurs engagements financiers dans la perspective du Brexit.

Pour l'Autorité bancaire européenne, les banques s'inquiètent d'un saut dans le vide si la Grande-Bretagne, premier marché financier européen, quitte l'UE sans accord commercial.

Les principales banques européennes ont réduit leur exposition à la Grande-Bretagne depuis le vote en faveur du Brexit l'année dernière. Elles s'inquiètent de l'avenir des accords transfrontaliers une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne (UE), a déclaré vendredi l'Autorité bancaire européenne (ABE).

L'exposition à la Grande-Bretagne en termes d'actifs des banques des 27 autres pays de l'UE est passée d'un peu plus de 1900 milliards d'euros (2220 milliards de francs) en juin 2016, mois du référendum britannique, à un peu moins de 1600 milliards d'euros en juin 2017, indique le régulateur bancaire.

Sur la même période, leurs engagements financiers ont été réduits à un peu plus de 1300 milliards, contre un peu moins de 1700 milliards d'euros. Cette baisse reflète un recul très net des contrats sur les produits dérivés, qui pourrait devenir une source d'inquiétudes pour Londres, en concurrence avec New York sur ce secteur financier.

Dans un rapport annuel consacré à l'évaluation des risques, l'ABE souligne que les banques s'inquiètent d'un saut dans le vide si la Grande-Bretagne, premier marché financier européen, quitte l'UE sans accord commercial.

Pérennité des contrats

"Les négociations du Brexit continuent d'être une source de risque politique pour le marché financier européen, un scénario sans accord pouvant engendrer de graves perturbations pour le secteur bancaire de l'UE", ajoute l'ABE.

Le régulateur relève que l'un des principaux motifs d'inquiétude pour les banques porte sur la pérennité des contrats financiers ou la prise en compte des engagements pris, une fois la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE effective.

Les consommateurs et les entreprises des 27 Etats membres de l'UE pourraient être confrontés à des annulations, des amendements ou des renégociations de contrats, une protection juridique moindre et des pertes financières, souligne l'ABE.

"Il est important que les banques, comme les consommateurs et les autorités, réfléchissent aux actions appropriées pour répondre à ces risques", dit-elle.

Arrangements transitoires

La Grande-Bretagne espère que les discussions prévues le mois prochain pour débloquer les négociations sur le Brexit aboutiront à des arrangements transitoires et à une ébauche de nouveaux accords financiers.

Les banques de l'UE pourraient également ne plus pouvoir compenser à Londres les opérations sur les produits dérivés, ce qui empêcherait les entreprises et les ménages d'avoir accès à des services financiers en Grande-Bretagne.

Ce rapport de l'ABE conforte les arguments de la City de Londres et d'autres acteurs de la finance en Europe, qui prônent un accord, même provisoire, entre Londres et l'UE.

L'autorité de surveillance relève également que les banques européennes continuent de renforcer leurs défenses face à des chocs potentiels et se défont progressivement de leurs créances douteuses, dont le montant s'élève à 893 milliards d'euros.

Leur rentabilité s'est améliorée et le rendement moyen des fonds propres s'élève à 7%, son plus haut niveau depuis 2014, mais reste encore inférieur au coût du capital, ajoute l'ABE. Elle ne précise pas si ce faible rendement est lié aux conditions actuelles du marché ou à la structure du secteur. (awp)


 

 
 

 
 

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