Prévoyance: un Suisse sur 3 compte toucher à la retraite 90% du salaire actuel

mardi, 13.09.2016

Les attentes à l'égard de la prévoyance restent grandes, malgré l'avenir incertain du système.

Les Romands ont des attentes plus élevées, puisque 41% comptent sur une rente supérieure à 90% du dernier salaire, contre 26% des sondés en Suisse alémanique et 33% au Tessin. Plus les sondés sont âgés, plus ils réduisent leurs espérances. - (Reuters)

Les attentes à l'égard de la prévoyance restent grandes, malgré l'avenir incertain du système. Près d'un Suisse sur trois (30%) escompte une rente à hauteur de 90% du salaire actuel. Mais seul un sur deux utilise le 3e pilier pour assurer sa retraite à titre privé.

Dans l'ensemble, deux tiers de la population suisse espèrent toucher après le départ à la retraite plus de 70% du dernier salaire perçu, constate l'enquête d'UBS et gfs-Zurich publiée mardi. Celle-ci, réalisée auprès de 1211 personnes, passe pour la première fois à la loupe les attentes financières à l'égard de la prévoyance, mais aussi les moyens disponibles.

Les Romands ont des attentes plus élevées, puisque 41% comptent sur une rente supérieure à 90% du dernier salaire, contre 26% des sondés en Suisse alémanique et 33% au Tessin. Plus les sondés sont âgés, plus ils réduisent leurs espérances.

Or la réalité est différente, puisque les prestations de vieillesse de l'AVS et des caisses de pension couvrent au maximum environ 60% à 70% du dernier salaire, soulignent les auteurs. Difficile donc de se passer de mesures complémentaires.

Tirelire vide


Si la majorité (78%) utilise la caisse de pension, seuls 52% des participants ont recours au 3e pilier comme bas de laine en vue de la retraite. L'absence d'un compte 3a se justifie le plus souvent par un manque de moyens ou un emploi à temps partiel.

Car chez 40% des Helvètes, il ne reste plus d'économies à la fin de l'année, révèle le sondage. En Suisse alémanique et en Suisse romande, 46% respectivement 45% des répondants présentent un solde positif après déduction de toutes les dépenses, y compris les cotisations au pilier 3a. Cette proportion tombe à 25% au Tessin.

Concrètement, 56% des sondés sont en mesure d'épargner plus de 5000 francs à la fin de l'année une fois toutes les dépenses réglées. Un bon quart peut même mettre de côté plus de 10.000 francs.

Peu d'investisseurs


La tirelire vide n'est pas seule en cause pour renoncer à un compte 3a. Parmi les sondés, 14% l'estiment "pas rentable" ou "superflu", et un petit 5% ne le connaît même pas. Une minorité ne s'y intéresse pas et une autre (3%) juge suffisant "si le mari s'en occupe".

Parmi les titulaires d'un tel compte, deux tiers n'en possèdent qu'un contre un tiers qui en détient plusieurs. Ces derniers sont plus souvent des hommes, des Alémaniques et ont des revenus mensuels supérieurs à 7000 francs. Globalement, seuls 21% placent les avoirs en question dans des titres, un peu davantage en Suisse romande (27%).

Au sein de l'autre moitié de la population sans pilier 3a, 42% se couvrent néanmoins via un compte d'épargne ou alors investissent dans des titres ou des fonds. Une minorité de 7% déclare ne pas thésauriser du tout en vue de la retraite. - (awp)

Prévoyance: le taux de couverture des caisses de pension s'est effrité en 2015

Le taux de couverture des caisses de pension suisses s'est effrité en 2015. Les valeurs ont baissé pour l'ensemble du marché de 1,7 point à 104,1%.

C'est le premier renversement de tendance depuis 2011, a indiqué mardi la société de conseils en investissements Complementa. Ce recul n'est toutefois pas comparable avec les chutes subies en 2001 et lors de la crise financière de 2008, a déclaré mardi à Zurich, Jürgen Rothmund, auteur de l'étude.

Une simulation pour août 2016 montre que les valeurs augmenteraient à nouveau de 1,1 point à 105,2%. Selon les auteurs de l'étude, on peut donc dire qu'il y n'y a pas eu de grosse crise depuis huit ans.

Pour Jürgen Rothmund, l'harmonisation prévue des taux de référence a joué un rôle dans le recul de 2015. Un taux de référence uniforme de 2,25% réduirait le taux de couverture des caisses de pension de 4,8% et conduit actuellement à un déficit de couverture.

L'étude de Complementa porte sur environ 400 caisses de pension avec des fonds de prévoyance d'environ 530 milliards de francs. - (awp)


 

 
 



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