Des prises de bénéfices sur les actifs américains

jeudi, 06.09.2018

Les actions ont inscrit des records historiques, envolées en raison de la force de la devise américaine.

Nadège Dufossé*

Depuis juin, la performance des marchés boursiers mondiaux affiche une forte divergence entre les actions américaines et celles du reste du monde. Les actions US ont inscrit des records historiques - envolées appuyées sur la force du dollar. Les facteurs à l’origine de la force de la monnaie américaine étant à présent bien intégrés, il pourrait être donc temps de prendre une partie des bénéfices sur les actions américaines, et d’utiliser les produits pour augmenter tactiquement le positionnement sur les actions de la zone euro et des marchés émergents.

Un bon moment pour prendre une partie des bénéfices sur les actions américaines. 

La croissance du PIB américain devrait rester proche de 3 % cette année et l’année prochaine, ce taux se situant nettement au-dessus de son niveau potentiel. Cela a enflammé le marché du travail, sur lequel des tensions salariales apparaissent progressivement. Pour couronner le tout, la relance budgétaire mise en place cette année devrait se maintenir jusqu’en 2019. Par conséquent, les bénéfices des entreprises enregistrent une forte hausse et entraînent les actions américaines vers de nouveaux sommets.

Les facteurs à l’origine de la force du dollar américain sont à présent bien intégrés. 

Au vu de la robustesse de l’économie américaine, Jay Powell continue sur la voie de la normalisation, ouverte fin 2015 par Janet Yellen, son prédécesseur à la Réserve fédérale. En outre, les risques qui pèsent sur l’économie mondiale hors des États-Unis, en particulier les crises de certains pays émergents (Turquie, Venezuela, Argentine...) et les incertitudes ressenties en Europe (budget italien, Brexit...) ont contribué à renforcer encore plus la valeur du billet vert. Un troisième facteur de la force du dollar américain au cours des derniers trimestres a été la rhétorique martiale en matière commerciale, qui a provoqué une dépréciation de 10 % du yuan chinois.La faiblesse du yuan a largement contrebalancé l’incidence des droits de douane initiaux, cette faiblesse répond ainsi aux objectifs de la Chine, et ne constitue donc pas un signal d’alerte - contrairement à 2015.

Du côté des marchés émergents, la faiblesse prise en compte par les marchés semble exagérée. 

Le protectionnisme commercial constitue un risque majeur essentiellement pour les marchés extérieurs aux États-Unis, dont les bénéfices reposent davantage sur les exportations. Un apaisement du conflit commercial devrait permettre à la zone euro et aux marchés émergents de regagner une partie du terrain cédé ces derniers mois. 

Étant donnés les niveaux actuels, le risque d’un conflit commercial a été suffisamment intégré dans les prix. De plus, les investisseurs ont délaissé les actions des marchés émergents mais les les flux se sont récemment stabilisés. Enfin, les marchés émergents bénéficient grandement de la stabilisation du dollar américain.

La dynamique économique de la zone euro se redresse pour la première fois en 2018.

À la suite de la surprise positive créée par la croissance de 2017, les attentes générales ont dû être sensiblement révisées à la baisse pendant le premier semestre de 2018. Les prévisions montrent que les chiffres économiques de la région se redresseront quelque peu sur la seconde moitié de l’année, ce qui devrait favoriser l’euro. De récents indicateurs, parmi lesquels les indices PMI composites et l’indice IFO allemand du mois d’août, montrent qu’au-delà des craintes de guerre commerciale et des incertitudes budgétaires, la robustesse de l’activité économique demeure intacte.

*Responsable de l’allocation d’actifs, Candriam






 
 

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