Vieux ou nouveau monde: comment choisir?

mercredi, 22.07.2020

Les actions européennes paraissent bon marché par rapport à leurs homologues américaines, mais est-ce vraiment le cas?

Mobeen Tahir*

Mobeen Tahir

Selon le PE de Shiller calculé à partir des bénéfices nets par action corrigés de l’inflation sur une période de dix ans, les valorisations des actions européennes et celles actions américaines ont divergé depuis la crise financière de 2018. Les premières paraissent meilleur marché que les secondes.

Etats-Unis et Europe, ces deux grands marchés ont bénéficié des politiques monétaires accommodantes menées par la Fed d’une part et par la BCE d’autre part. Pourrait-on attribuer le retard accumulé par les actions européennes depuis 2008 à une politique de la BCE moins agressive? La réponse est négative. En effet, si l’on compare les injections de liquidités pondérées par la taille des économies, celles de la BCE ont été plus importantes que celles de la Fed.

Le biais de la «nouvelle économie»

La pondération des actions des entreprises de la nouvelle économie n’a cessé de croître et leur poids est devenu plus important dans les indices américains que dans les indices européens, notamment ces cinq dernières années. Or qui dit «nouvelle économie», dit leaders en matière d’innovation et ceci concerne plus particulièrement la technologie et la santé. Ces deux secteurs ont vu leurs valorisations croître ces dernières années, car les marchés continuent de miser sur l’innovation comme principal vecteur de la croissance économique future.

Des clés pour l’investissement

Les indices européens, en revanche, accordent toujours un poids important à la «vieille économie» et à des secteurs tels que la finance, les produits de consommation et les biens industriels. Il serait erroné de prétendre que les entreprises de cette «vieille économie» sont incapables d’innover et qu’elles ne le font pas. Elles innovent réellement, mais étant généralement plus matures, elles reposent sur des modèles d’entreprise datant du 20e siècle, lesquels ont été supplantés au 21e siècle par les modèles des entreprises de la nouvelle économie basés sur internet.

Les performances des actions dépendent de la qualité des entreprises et de la pérennité de leurs bénéfices et cette règle s’applique indépendamment du secteur considéré, qu’il appartienne à la «vieille» ou à la «nouvelle économie», ainsi de que la situation géographique de l’entreprise. Partant de là, ainsi que des considérations énoncées précédemment, l’investisseur devrait se focaliser sur les points suivants.

Bien qu’il soit utile de surveiller les valorisations, ces dernières ne constituent pas à elles seules un indicateur fiable des performances futures. Historiquement, les actions américaines se traitent à des multiples plus élevés que les actions européennes, et cette tendance pourrait se prolonger.

Les allocations sectorielles basées sur les capitalisations boursières n’étant pas nécessairement les meilleures, les investisseurs peuvent recourir aux approches factorielles pour déterminer les pondérations de leurs portefeuilles. Ils ont également la possibilité de s’exposer de manière ciblée à l’innovation et donc à la croissance émanant des secteurs propres à la nouvelle économie. Il s’agit là d’une «nouvelle» manière d’envisager l’investissement.

*Directeur associé, recherche, WisdomTree






 
 

AGEFI



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