Actions: bullish malgré l’impact du coronavirus!

mardi, 18.02.2020

Les actions européennes confirment leur potentiel de hausse de 20% lors de ces prochains mois.

SERGE LAEDERMANN CMT*

La coutume, depuis de nombreuses années dans ces mêmes colonnes, est d’avertir qu’en principe à la Saint-Valentin le fameux Christmas a vécu. Comme cela a été expliqué le mois dernier (lire l’Agefi du 16 janvier), l’image technique s’est considérablement renforcée sur le DJ Europe 600 (SXXP), puisque cet indice s’est ouvert la voie des 500 points, ce qui était déjà bien visible et dans «les cartes» depuis la fin de l’année dernière.

Après la percée majeure des 420 points, un retour classique sur les 410 était escompté et celui-ci s’est produit, grâce au coronavirus serait-on tenté de dire, laissant ensuite la place à une montée progressive des actions en territoire haussier. Les marchés semblent avoir bien compris que l’épidémie concerne la Chine et plus précisément la province du Hubei, et même si les quelques victimes répertoriées à l’international font la une des journaux, il y a fort à parier que le mois prochain on en parlera en fin de journal télévisé avant la météo.

Bien sûr les résultats de plusieurs sociétés vont être impactés, notamment Apple qui va devoir reporter la sortie de son prochain Iphone, mais pas de quoi ralentir de manière significative le business mondial La «beauté» de cette épidémie, le terme est un peu provocateur, est que dans un pays totalitaire on peut enfermer des gens dans un périmètre sans leur demander leur avis, ce qui serait beaucoup plus difficile dans une démocratie digne de ce nom.

Pour en revenir à notre fameux DJ Europe 600, l’indice paneuropéen qui permet d’avoir une bonne idée des actions du Vieux Continent (Suisse inclue), le fait d’avoir effacé les hauts de 2000, 2007,2015 et 2017 pratiquement situés au même niveau, a un effet «catapulteur» sur l’indice et cette situation est en vérité très rare. L’objectif technique minimum est perché à 500 points, ce qui correspond à une progression de 20% depuis la percée de janvier. Cette cible est atteignable cette année et matérialiserait le rattrapage tant attendu des actions européennes.

Il est intéressant de voir comment la chose se présente sur les indices nationaux. Le Dax vient juste d’effacer son record de janvier 2018 et active un objectif minimum à 15.800 points pour cette année, avec une forte suspicion que cela se produise avant le mois d’octobre. Le Footsie est à la traîne et semble englué dans une zone de trading centrée à 7300 points, encore assez loin de son sommet de mai 2018 (7900). Evidemment le Brexit est pointé du doigt comme le coupable idéal de cette sous-performance et il faut admettre qu’il est difficile de trouver une autre raison plausible à cette stagnation. Le CAC40 teste son record de juin 2007 (6168) en refusant l’obstacle pour l’instant, mais cette résistance ne saurait tenir longtemps. A noter que le haut historique du 4 septembre 2000, tout près des 7000 (6944), semble encore très très loin… Et si vous lisez un peu partout que cet indice flirte actuellement avec son record historique, ce sont des balivernes.

Pourtant, si la forte tendance haussière se poursuit, comme cela est probable, ce «7000» sera le grand sommet testé sans doute en cours d’année.

Et sur le SMI me direz-vous? Notre indice national s’est comporté pour une fois en «Leader» l’année écoulée en touchant les 10.000 en juin dernier déjà. Il est possible de calculer un objectif minimum situé à 11.800 points, ce qui laisse à peu près 7% par rapport au cours du jour, mais il faut rappeler que lorsque l’on parle d’objectif technique minimum, cela signifie que la progression peut excéder la cible.

Le S&P 500 est surévalué, probablement d’une quinzaine de pourcents, voire 20, mais cette situation perdure depuis deux ans et rien ne semble pour l’instant ébranler une tendance qui commence à prendre des allures exponentielles synonyme de danger. Le problème d’un élastique qui se tend de cette manière étant qu’il peut s’étirer encore bien plus avant de céder, ce qui rend fort difficile l’estimation du point de rupture. Le Nasdaq 100 n’est plus loin des 10.000 points et commence à faire peur en terme d’accélération. Rappelons que de novembre 1999 à mars 2000 cet indice a progressé de 50% et que les variations sont toujours spectaculaires sur les technos. 

Plus généralement et comme décrit le mois dernier, 2020 risque que se découper en deux phases très distinctes. Premièrement une euphorie sur les actions qui peut durer jusqu’à l’été, puis un retour sur terre absolument violent. Et ne pensez pas une seconde que le fait d’être en année électorale aux Etats-Unis nous préserve d’une mauvaise surprise (c’est ce que j’entends à gauche et à droite). Quel sera le déclencheur d’un revirement de tendance? Il y a tellement de possibilités... Peut-être un retour à une certaine normalisation des taux d’intérêts, demeurant tout de même à un niveau bas, avec le thème de la dette revenant sur le tapis.

En tout cas pour l’instant profitez de la surprise party en ne dansant pas trop loin de la porte de sortie, il faudra être réactifs lorsqu’il y aura le feu!

*Associé, GFA Geneva Financial Adviser






 
 

AGEFI



...