Tourisme: l'érosion du revenu moyen des voyagistes se poursuit

jeudi, 15.09.2016

L'érosion du chiffre d'affaires moyen des voyagistes helvétiques s'est poursuivie en 2015.

L'année dernière, les effets de change ont donné du fil à retordre aux voyagistes. - (Reuters)

L'érosion du chiffre d'affaires moyen des voyagistes helvétiques s'est poursuivie en 2015. L'an passé, chaque agence a généré 3,19 millions de francs, soit 2% de moins en comparaison annuelle. En 2016, les Suisses voyagent davantage mais réservent avec prudence.

A l'aune des recettes, la situation peut être qualifiée de stable, estime la Fédération suisse du voyage (FSV). Mais la marche des affaires s'avère "juste satisfaisante", révèle l'enquête de l'organisation réalisée en collaboration avec l'Université de St-Gall et présentée jeudi à Zurich.

La productivité des spécialistes du voyage a baissé l'an dernier, au mieux stagné selon la taille de l'agence. Les recettes moyennes par collaborateur se sont tassées, passant de 1,02 million à 0,98 million de francs.

L'année dernière, les effets de change ont donné du fil à retordre aux voyagistes. Grâce au relèvement des honoraires de conseil, leur rendement brut est demeuré stable. Mais en raison des charges salariales croissantes, le rendement net a lui diminué de 1,4% à 1,2% d'un exercice à l'autre.

Pour les douze mois à venir, les perspectives restent mitigées. Les 351 bureaux sondés par la FSV anticipent un déclin de la demande, et ce malgré la tendance baissière des tarifs. Les marges vont donc rester sous pression, en particulier parmi les petites agences.

Crises géopolitiques


En 2016, c'est la situation géopolitique dans de nombreuses destinations qui pénalise la branche. Sans surprise, la Turquie, la Tunisie et l'Egypte tout comme Paris et Londres se voient boudés cet automne malgré des prix défiant toute concurrence. L'Espagne et ses îles, la Grèce, Chypre, l'Italie et le Portugal sortent gagnants, les petites villes et la Scandinavie aussi.

N'empêche, cette année, les Suisses ont encore et toujours envie de voyager. En moyenne, ils entreprennent 2,8 escapades de trois nuitées au moins, contre 2,6 l'an passé, révèle le sondage de l'assureur Allianz Global Assistance publié en parallèle.

Les Helvètes sont également plus nombreux à partir. En 2016, 84% des quelque 1020 personnes interrogées entreprennent au moins un voyage privé de trois jours par an, soit 3% de plus qu'en 2015.

Prudents, les clients s'y prennent toutefois davantage à la dernière minute pour réserver leurs vacances à l'étranger. La part des réservations anticipées (plus de deux mois à l'avance) est ainsi tombée à 46%, après 50% encore voici un an, "vraisemblablement en raison des risques d'attentats terroristes potentiels dans certaines destinations touristiques", selon l'assureur.

Craintes et réalité


Or le sondage révèle aussi le grand clivage entre les risques estimés en termes de sécurité et les problèmes réellement rencontrés. Plus de la moitié des clients (55%) craignent surtout les troubles et les actes terroristes en voyage. Mais dans les faits, les retards constituent le problème majeur (41%).

Dans la phase des préparatifs, deux tiers des sondés privilégient Internet pour réserver leurs voyages. Un Suisse sur cinq préfère se rendre dans une agence, au moins une fois par an. Un utilisateur sur dix s'organise tout seul tandis que 9% recourent aux plateformes d'économie de partage.

Pour ce qui est du choix du voyagiste, la relation personnelle gagne toujours davantage en importance, constate Allianz Global Assistance. C'est même le principal critère pour 47% des répondants. - (awp)


 

 
 



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