Geberit a soigné sa rentabilité sur le premier trimestre

jeudi, 02.05.2019

L'équipementier de salles d'aisance Geberit a déjoué les pronostics de décroissance sur l'entame de l'exercice 2019, toilettant au passage sa rentabilité opérationnelle comme nette.

L'inflation des dépenses en personnel a limité la progression des excédents.

Le chiffre d'affaires a ainsi grappillé un peu moins de 1% à 830 millions de francs, tandis que le bénéfice net a gagné 5% à 192 millions. Saluant une performance inespérée, les analystes n'en demeurent pas moins circonspects pour la suite de l'exercice.
L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a gagné 6,8% à 262 millions, la marge afférente ayant été élargie de 1,8 point de pourcentage à 31,6%, détaille le compte-rendu intermédiaire publié jeudi. L'embellie sur le front de la rentabilité est attribuée à un allègement des prix d'approvisionnement en matières premières, des hausses tarifaires, un effet d'échelle, aux mesures d'optimisation ou encore un changement de norme comptable.

Manque de bras persistant en Allemagne

L'inflation des dépenses en personnel a limité la progression des excédents, tandis que les variations monétaires n'ont pas eu d'effet notable. La direction déplore toujours une pénurie en installateurs qualifiés outre-Rhin. "La situation en Allemagne n'a pas fondamentalement évolué et il nous faut toujours une douzaine de semaines pour honorer une commande", a souligné le directeur général Christian Buhl en conférence téléphonique.
La performance dépasse largement les projections moyennes des analystes consultés par AWP, qui articulaient un consensus de 821,8 millions de francs pour le chiffre d'affaires, 240,1 millions pour l'Ebitda et 180,6 millions pour le bénéfice net.
Geberit rappelle avoir finalisé l'an dernier l'intégration du céramiste finlandais Sanitec, s'épargnant désormais la publication de chiffres ajustés des frais afférents.
La direction indique n'avoir que marginalement retravaillé ses vagues prévisions pour l'ensemble de l'exercice depuis la publication en mars des résultats 2018, dans l'attente de la nouvelle feuille de route promise à l'issue du premier semestre. La société évoquait alors un environnement d'activité compliqué et disparate selon les régions, sur lequel elle compte néanmoins parvenir à conquérir de nouvelles parts de marché.
La baisse des prix des matières premières a d'ores et déjà laissé place à un renchérissement, que l'entreprise entend compenser avec une traditionnelle hausse des prix.

Toujours conseillé à "sell"

La plupart des analystes recommande néanmoins toujours le titre à la vente.
Jefferies souligne que si la croissance organique s'est révélée réjouissante, l'évolution demeure plus ténue que celle des concurrents ayant déjà publié leurs résultats intermédiaires. Le prestataire de services financiers se demande dans quelle proportion les changements de norme comptables ont contribué au rétablissement de la rentabilité et note que la direction s'attend à une inflation des matières premières dès le trimestre en cours.
Hors effets de changes, la multinationale saint-galloise a accéléré sa croissance organique par rapport au dernier partiel de 2018, salue Goldman Sachs. Le mastodonte bancaire américain applaudit au passage des marges robustes, soutenue par des
prix d'approvisionnement en baisse et une palette de produits optimisée.
UBS s'attarde également sur la marge brute opérationnelle "record" dégagée par la firme de Rapperswil-Jona, sensiblement supérieure aux attentes du marché. L'établissement aux trois clés continue néanmoins de déplorer une absence de feuille de route pour l'ensemble de l'année, au moins jusqu'à mi-parcours.
Vontobel rappelle que la part prépondérante des recettes réalisées en euros préserve Geberit du récent allègement du franc face à la monnaie unique européenne.
Nonobstant les critiques, la nominative Geberit s'envolait de 7,3% à 458,50 francs sur le coup de 11h00, trônant sans partage sur un SMI tout juste à l'équilibre.(awp)

Commentaire: Encore un bon départ soutenu par une qualité pérenne 

Commentaire. Le moins que l’on puisse dire est que Geberit a pris un très bon départ en 2019, avec une augmentation de 3,6% en monnaies locales du chiffre d’affaires lors du premier trimestre. Le cash-flow opérationnel a progressé de 6,8%, ce qui correspond à une marge de 31,6% (29,8% au premier trimestre 2018). A telle enseigne que le marché a réagi en faisant monter le cours de l’action d’environ 7,4%. Alors qu’il ne s’agit que d’un résultat trimestriel qui ne change pas fondamentalement la valeur intrinsèque de Geberit. Le leader des techniques sanitaires demeure une excellente affaire à long terme. Agir à court terme sur la base de résultats trimestriels est de toute manière ridicule. Même dans un environnement plus difficile, Geberit parvient à croître et à gagner des parts de marché.

 Au demeurant, l’activité de construction en Europe reste positive, mais pas de façon uniforme ; il faut différencier entre les pays. Les capitaux propres consolidés de Geberit se montaient à 1,922 milliard de francs à fin mars 2019 (contre 1,745 milliard au 31.12.2018), soit un ratio de fonds propres (equity ratio) de 51,7% (49,8% fin 2018). Cette progression est une autre preuve de la rentabilité élevée de Geberit. L’endettement net se montait à 643 millions. On s’en doute, la valorisation boursière de Geberit est haute en avoisinant 17 milliards de francs ; ce qui représente 30 fois environ le cash-flow libre de 2018, mais ce dernier est susceptible de continuer à augmenter dans la durée et l’on sous-estime toujours jusqu’où peut aller une excellente entreprise qui croît en obtenant un retour sur capitaux employés (ROCE) supérieur à 20%. – (Philippe Rey)






 
 

AGEFI



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