L’heure n’est pas au pessimisme sur les actions

mercredi, 12.02.2020

L’épidémie de coronavirus a provoqué une crise sanitaire et semé la panique sur les marchés boursiers, mais les actions n’ont pas besoin d’être mises en quarantaine.

Jeroen Blokland *

Les mesures mises en place par le gouvernement chinois devraient contribuer à limiter la propagation. Toutefois, elles risquent aussi de pénaliser la croissance chinoise et, de fait, la croissance mondiale. De ce point de vue, les comparaisons avec l’épidémie de SRAS, en 2003, sont inutiles car depuis, la part de la Chine dans le PIB mondial a plus que triplée et le pays est devenu l’acheteur déterminant de presque toutes les matières premières. Compte tenu de ce gigantisme, les autres pays émergents seront également confrontés, du moins temporairement, à une baisse de croissance. C’est donc la perspective d’une panne de croissance en Chine (pays contribuant le plus, et de loin, à la croissance mondiale) et l’incertitude quant à la durée de ce coup d’arrêt qui a amenés certains gérants à ne plus surpondérer les actions. Mais cela ne signifie pas qu’il faille être complètement négatif sur les actions.

Des raisons d’être optimiste

Il existe trois raisons de rester optimistes concernant les actions. Premièrement, si l’on se réfère à des événements «similaires», la perte d’activité économique est largement récupérée une fois que l’épidémie virale est maîtrisée. Pendant le SRAS, par exemple, la hausse des ventes au détail en Chine a brièvement été divisée par deux avant de rebondir fortement une fois le virus maîtrisé, jusqu’à annuler quasiment toute la baisse. D’autres secteurs de l’économie, tels que la construction, ont été touchés, puis ont également retrouvé des couleurs lorsque la propagation du virus a commencé à ralentir. Un scénario similaire est sûrement à prévoir.

Deuxièmement, l’économie mondiale présentait de nombreux signes d’amélioration avant le début de l’épidémie actuelle. Par exemple, l’indice PMI du secteur manufacturier mondial a atteint 50,4 en janvier, son plus haut niveau depuis avril 2019, tandis que l’indice ISM manufacturier est également repassé au-dessus de 50, après une augmentation bien plus importante que prévu en janvier.

Par ailleurs, l’indice de surprise économique de Citi est devenu positif et a atteint son plus haut niveau depuis presque deux ans. La croissance des exportations s’est nettement améliorée dans les économies très ouvertes comme la Corée du Sud, ce qui montre que les pressions liées à la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis se réduisent.

Enfin, alors que nous sommes presque à la moitié de la saison des publications de résultats du quatrième trimestre aux États-Unis, le nombre de bonnes surprises en matière de résultats n’a jamais été aussi élevé au cours des trois derniers trimestres, et même des quatre derniers en ce qui concerne les chiffres d’affaires.

La dynamique des prévisions de résultats s’est nettement améliorée, en perspective d’une accélération de la croissance mondiale. Elle est même désormais meilleure pour les marchés émergents que pour les États-Unis, ce qui suggère que l’amélioration des résultats prend de l’ampleur. 

Des banques centrales accommodantes

Enfin, les investisseurs ne doivent pas oublier que les banques centrales sont extrêmement accommodantes. Les taux d’intérêt à court terme restent faibles, voire négatifs, tandis que le bilan des banques centrales augmente de nouveau. En outre, elles ont clairement fait savoir qu’un resserrement de la politique monétaire reste peu probable.

La Fed comme la BCE «repensent» leur politique monétaire, avec pour conséquence très probable que l’inflation dépassera l’objectif cible pour compenser l’inflation ’perdue’ par le passé. Par ailleurs, si un événement négatif comme le coronavirus devait mettre en danger l’économie mondiale, les deux institutions n’hésiteraient pas à augmenter les mesures de relance.

La banque centrale chinoise a déjà injecté de nombreuses liquidités lorsque les marchés ont rouvert après le Nouvel An chinois. Les liquidités mondiales restent abondantes et elles augmenteront encore au cours des prochains trimestres.

*Gérant de portefeuille senior multi-actifs, Robeco






 
 

AGEFI




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