Face à l'érosion des ventes, Ginsana licencie au compte-goutte

mercredi, 05.12.2018

L'entreprise Ginsana, basée au Tessin, a licencié une quinzaine de personnes depuis l'été dernier.

Présent au Tessin depuis 70 ans et sis à Bioggio, le groupe Ginsana est spécialisé dans les produits naturels cliniquement testés. (Google maps)

La société pharmaceutique Ginsana, actuellement en proie à "un problème économique lié à l'érosion des ventes observée ces deux dernières années", a depuis l'été dernier licencié une quinzaine de personnes sur les quelque 190 qu'elle emploie. Personnel et autorités locales s'inquiètent face à la perspective de dumping salarial.

Interrogée mercredi par AWP, Federica de Gennaro, responsable des ressources humaines de Ginsana, a confirmé les informations parues dans La Regione, précisant que depuis deux ans, le plus important client de l'entreprise a divisé ses commandes par deux.

Présent au Tessin depuis 70 ans et sis à Bioggio, dans la périphérie luganaise, depuis un demi-siècle, le groupe spécialisé dans les produits naturels cliniquement testés a "cherché à endiguer les coûts dans divers secteurs, mais cela n'a pas été suffisant", a indiqué la responsable.

Cité par le quotidien tessinois, un ex-employé parle d'une "entreprise en crise" et met en cause le changement de direction - en 2013, la société est passée aux mains de l'australien SFI Health - et la chasse aux coûts au détriment de la recherche et du développement (R&D).

Evoquant une décision difficile, dictée par la nécessité de protéger le futur de l'entreprise, Mme de Gennaro se veut toutefois optimiste et se dit convaincue que cette dernière sera en mesure de renouer avec le succès. "Nous sommes ouverts à embaucher du personnel, lorsque les ventes reprendront", a-t-elle assuré.

Pas de délocalisation en vue

Elle a également réaffirmé l'attachement de l'entreprise au terroir local et rejeté toute intention de délocaliser la production. "Nos produits sont vendus partout dans le monde, et le label suisse fait partie de notre image de marque."

De leur côté, les autorités locales s'inquiètent de la situation et craignent la sous-enchère salariale. "Ce qui nous préoccupe avant tout c'est le fait que, selon nos informations, ceux qui sont licenciés sont ceux qui ont plus de cinquante ans et résidents à Bioggio et dans les environs", s'émeut le maire Eolo Alberti.

Face à la suspicion de sous-enchère salariale évoquée par l'édile communal, Mme de Gennaro a insisté sur le fait que la suppression de postes a été déterminée "selon des critères d'activité", reconnaissant tout de même que la majorité des collaborateurs touchés étaient des résidents.

Sur les quelque 190 salariés de Ginsana, environ 40% viennent de l'autre côté de la frontière. "La majorité d'entre eux est affectée à la production", a précisé la responsable. (ats)






 
 

AGEFI



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