L’entreprise «intelligente» se réinvente sous dopamine

lundi, 16.12.2019

Charlotte d’Aulnois*

Charlotte d’Aulnois

Puissant et complexe neurotransmetteur, véritable «démarreur», «booster d’énergie», la dopamine est une simple molécule qui permet à elle seule d’accomplir d’incroyables exploits. En excès ou en déficit, elle entraîne un phénomène d’addiction ou d’impatience mais en équilibre, elle insuffle une vraie dynamique de succès. 

Les sportifs d’élite l’ont compris et l’utilisent à dessein. Gagner sous la pression du temps et des résultats tout en se réinventant continuellement exige un accès à des ressources analytiques, intuitives, créatives, positives, adaptatives et énergétiques que la production de dopamine et autres molécules sympathiques favorise. De manière très simplifiée, ces molécules, présentes à l’état naturel dans notre corps, facilitent la «bascule» entre le mode mental automatique – zone de confort –et le mode mental adaptatif –zone de dépassement de soi et de transformation. Dans un univers toujours plus compétitif, rapide et exigeant, la «bascule», dont les pratiques diffèrent d’un sportif à un autre, permet de se conditionner à réussir avant même d’entrer en action, en compétition.

Parmi les pratiques courantes, la «pensée lente» est paradoxalement la plus appréciée. Dans un moment de calme, le sportif prend le temps de respirer et arrête sa course contre la montre. De cette respiration naît l’espace pour calibrer son «grand projet», affronter ses peurs, les transformer, pré-visualiser de nouvelles solutions, mettre en place sa «stratégie des petits pas», et se remplir de la dopamine de la victoire. Dès lors, il est prêt.

La 4e révolution industrielle, par la vitesse et l’agilité qu’elle exige, invite chaque entreprise, chaque équipe, chaque personne à se tenir prêtes à réinventer ses pratiques tout en assurant le bon fonctionnement du quotidien. Elle pourrait incarner une course de fond jalonnée de «sprint», avec pour maître mot la réinvention de l’entreprise de demain «décloisonnée», «interfacée», «intégrée», «connectée», «intelligente». Dans cette grande aventure, les neurosciences et sciences neurocognitives s’invitent à la table et créent à leur tour leur «petite révolution», en révélant que la lenteur permet la rapidité et que les peurs transformées donnent place au génie.

Qu’elles soient PME ou multinationales, locales ou internationales, les entreprises connaissent toutes le défi de la réinvention, avec leurs prises de risque et les peurs associées. David McNally, dans sa métaphore de l’aigle Even Eagles need a push résume très bien cette complexité avec l’interrogation: «Pourquoi le plaisir de voler doit-il commencer par la peur de tomber?». 

Les nouvelles découvertes en neurosciences, les pratiques sportives et le retour d’expériences d’entreprises pionnières apportent désormais un large et puissant vivier d’outils «dopaminants» qui insufflent les conditions du succès individuel et collectif. L’enjeu consiste aujourd’hui à les démocratiser et à permettre à chaque entreprise d’opérer la «bascule», celle de l’entreprise «intelligente» qui prend le temps, se prépare et se conditionne à tout réussir.

* Founder and Managing Partner, GenerativeHumanae






 
 

AGEFI




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