L’entrepreunariat dès l’enfance!

mercredi, 25.03.2020

Céline Renaud*

Céline Renaud

Nous sommes en 2016, notre fille vient de fêter ses quatre ans et commence l’école à la fin de l’été. Or un soir, je regarde le film: «Etre pour devenir». Il s’agit d’un documentaire sur le phénomène du «Homeschooling», soit l’école à la maison ou plutôt le «Noschooling». 

La réalisatrice interroge des familles dans beaucoup de pays en passant du Canada à la France, du Brésil aux États-Unis et en Allemagne. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film m’a mis la tête sans dessus dessous. Je découvre que sur le grand échantillon d’enfants et d’adultes rencontrés ayant vécu le «Noschooling», l’ensemble témoigne qu’ils ont une vie sociale très active et riche et qu’ils sont devenus par exemple entrepreneur ou médecin. 

Il est vrai que les enfants n’apprennent pas à parler ou à marcher avec un cours, mais en observant et c’est un apprentissage naturel. C’est également la même chose pour la lecture et d’autres connaissances. S’ils ont un projet en tête, il vont tout faire pour y arriver avec beaucoup de passion! Lire beaucoup avec les enfants est le secret. D’ailleurs qui sommes-nous pour oser affirmer que c’est à nous de leur donner des apprentissages, voire de les gaver? La nature et l’évolution est plus forte. Comme le dit si bien le célèbre poète Khalil Gibran dans son œuvre «Le prophète»: «Leurs âmes (ndlr. des enfants)  habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves!»

Même après avoir vu ce film, j’ai finalement choisi de mettre notre fille à l’école mais cette envie du «Noschooling» a toujours été présente. Alors voilà, cette situation sanitaire extraordinaire nous a fermé les écoles et me voilà en train de tester la chose. Et j’adore! Je n’essaie pas de faire l’école à la maison ou la maîtresse mais simplement de vivre un rythme plus naturel, vivant et dans le mouvement. Elle m’assiste dans de nombreuses tâches professionnelles. Elle apprend de nouveaux outils informatiques. Je savoure nos rires. Je peux partager aussi mes questionnements. Bref, j’adore! Relativisons car nous en sommes qu’au début!

Et je la découvre pleine d’idées pour par exemple nettoyer les océans et des solutions pour aider les animaux ou les enfants. Elle fourmille de solutions et je l’observe avec un regard neuf hors de cette course continuelle habituelle. Nous n’oublions pas pour autant de jouer et d’avoir des moments de rire car elle n’est encore qu’une enfant. Malgré la situation actuelle, nous profitons de jeux d’enfants, insouciants et des moments de folie. Bien sûr que nous travaillons les maths et le français. Nous y intégrons des questions d’histoire, de géographie et les autres langues. Mais c’est intégré à la vie et dans un mouvement naturel. Si un jour son vocabulaire ne va pas, elle le fera deux fois le lendemain. Et elle adore les maths, elle a fait déjà ses fiches pour le mois en un seul week-end, avec une forte passion, belle à voir! Nos balades derrière la maison en forêt avec le chien se transforment en discussions philosophiques ou entrepreneuriales. J’adore ces moments qui me rappellent les débuts de mon entreprise. Est-ce possible que cette situation dramatique au niveau sanitaire, économique et financier soit également un utérus pour de nouveaux bébés? Y aura-t-il une éclosion de projets à naître pour trouver des solutions à notre système quelque peu stagnant?

Dans tous les cas, je souhaite à tous les parents de découvrir ces faces cachées de leurs enfants. Je souhaite à tous les entrepreneurs d’être confrontés à ce flot de questionnements et d’idées nouvelles qui nous régénèrent et nous réinventent. Vive les enfants entrepreneurs!

* Entrepreneure et conférencière






 
 

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