L'enquête de Credit Suisse sur le banquier star Khan sera bouclée cette semaine

jeudi, 26.09.2019

L'enquête diligentée par Credit Suisse sur la filature du banquier star Iqbal Khan sera bouclée ces prochains jours, rapportent jeudi plusieurs médias.

Credit Suisse a mandaté des détectives privés pour suivre Iqbal Khan, 43 ans, ancienne étoile montante de la banque aux deux voiles.

Pour le Tages-Anzeiger, Credit Suisse sera en mesure d'apporter des éclaircissements d'ici la fin de la semaine sur l'invraisemblable affaire qui secoue la place financière zurichoise. Le cabinet d'avocat mandaté pour cette enquête livrera ses conclusions dans "cinq à dix jours", affirme quant à lui le portail financier Finews.

Pour sa part, Credit Suisse réitère les déclarations faites précédemment. Une communication sera annoncée le moment venu, a indiqué la grande banque.

Depuis l'éclatement de l'affaire le week-end dernier, les articles et les révélations se sont multipliés, principalement dans la presse alémanique, autour de cette rocambolesque affaire, digne d'un film d'espionnage. Cette histoire de filature éclabousse jusqu'au patron de Credit Suisse, Tidjane Thiam, et met dans l'embarras le conseil d'administration de la grande banque.

"Le conseil d'administration (de Credit Suisse) est sous pression pour régler cette affaire, tout comme le régulateur", affirme un important investisseur, cité dans le Financial Times. "Quiconque a fauté devra payer", avertit-il.

Le Ministère public zurichois a ouvert une enquête suite à une plainte déposée par Iqbal Khan. A priori, l'affaire relève du droit privé - voire pénal - et non du droit de la surveillance (protection des épargnants/créanciers). Le gendarme financier Finma ne devrait donc pas ouvrir de procédure en l'état. Le régulateur n'a pas souhaité commenter.

Ce qui est établi, c'est que Credit Suisse a mandaté des détectives privés pour suivre Iqbal Khan, 43 ans, ancienne étoile montante de la banque aux deux voiles où il a dirigé avec succès la gestion de fortune, engagé en août chez le concurrent UBS pour codiriger cette même activité.

Il s'agissait pour l'ancien employeur de M. Khan de découvrir si le banquier aux origines pakistanaises cherchait à débaucher des ex-collègues, affirme le "Tagi".

Les faits remontent au mardi 17 septembre, selon le récit rapporté par la presse. Iqbal Khan est suivi en voiture depuis son domicile à Herrliberg, sur la Goldküste zurichoise, par trois détectives de l'agence Investigo. Après avoir déposé son fils au centre communal, il se rend à Zurich avec son épouse.

Les arbres de la discorde

Arrivé dans le quartier huppé de la Bahnhofstrasse, il repère la filature, se gare et traverse la rue pour prendre en photo la plaque d'immatriculation des "espions", ce qui a déplaît à l'un d'entre eux. Cet homme, au crâne chauve et à la carrure imposante, tente alors d'obtenir le téléphone de M. Khan. Ce dernier, pris de panique, commence à crier, provoquant la fuite du détective.

Alertée, la police retrouve rapidement la trace du trio, qui avoue travailler pour Credit Suisse. Un responsable de la banque le confirmera aux forces de l'ordre quelques heures plus tard.

Lundi, Credit Suisse a dénoncé une présentation des faits "sensationnaliste" par les médias et annoncé une enquête indépendante.

L'affaire Khan trouverait son origine dans un conflit personnel entre Tidjane Thiam et son ancien protégé, selon des versions plus ou moins concordantes livrées ces derniers jours par différents médias.A en croire le Financial Times jeudi, les deux banquiers entretiennent une animosité depuis plusieurs mois.

Autrefois proche de Tidjane Thiam, Iqbal Khan aurait commencé à nourrir de la frustration face au manque de considération qu'on lui témoignait chez Credit Suisse.A cela, il faut ajouter des querelles de voisinage, M. Khan ayant entrepris des travaux conséquents (plus de deux ans) dans sa villa à Herrliberg, au grand dam de Tidjane Thiam, qui habite à côté. Le Franco-Ivorien aurait reproché à son ex-protégé d'avoir planté trois arbres sur son terrain. Il s'en serait même plaint auprès du président de la banque Urs Rohner.

Le conflit aurait atteint son paroxysme lors d'une réception en janvier dernier. Invité chez Tidjane Thiam, Iqbal Khan aurait été menacé par le patron de Credit Suisse. Sa femme serait intervenue pour séparer les deux hommes, en froid depuis cet incident.

Du côté d'UBS, le président Axel Weber s'est exprimé mercredi soir, affirmant que l'affaire ne regarde pas le numéro un bancaire helvétique. "C'est un problème entre (Iqbal Khan) et son ancien employeur", a-t-il déclaré à l'agence Bloomberg. M. Khan n'a pas encore commencé chez UBS.(awp)

 

 






 
 

AGEFI




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