Pas de comportement pénalement répréhensible de la part de Vincenz

mardi, 22.01.2019

L'enquête de Bruno Gehrig n'a pas permis de déceler des preuves d'un quelconque comportement criminel de Pierin Vincenz dans le cadre des investissements passés sous revue.

Mandaté par Raiffeisen, Bruno Gehrig a examiné les prises de participations du groupe bancaire coopératif ainsi que de ses filiales depuis 2005, alors que Pierin Vincenz dirigeait l'établissement. (Keystone)

Pierin Vincenz n'a pas fait preuve d'un comportement pénalement répréhensible dans les prises de participations opérées par Raiffeisen, alors que le Grison dirigeait le 3e groupe bancaire helvétique. Il en est allé de même pour les autres organes dirigeants de l'établissement st-gallois, estime Bruno Gehrig à l'issue de son enquête.

Mandaté par Raiffeisen, M. Gehrig a examiné les prises de participations du groupe bancaire coopératif ainsi que de ses filiales depuis 2005, alors que Pierin Vincenz dirigeait l'établissement, écrit mardi ce dernier. Sur la base des informations disponibles, l'enquête n'a pas permis de déceler des preuves univoque d'un quelconque comportement criminel de M. Vincenz dans le cadre des investissements passés sous revue. L'examen exclut cependant les faits faisant déjà l'objet de poursuites pénales.

A l'image de l'enquête réalisée par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), l'examen de M. Gehrig met en lumière de "graves lacunes" de la part du conseil d'administration de Raiffeisen dans la stratégie de diversification de l'établissement. La même observation vaut pour la direction.

Alors que Raiffeisen a déjà renouvelé pour bonne part ses organes dirigeants l'an dernier, avec notamment un nouveaux président du conseil d'administration en la personne de Guy Lachappelle ainsi qu'un nouveau directeur général, Heinz Huber, trois membres de la direction quittent l'établissement. Gabriele Burn et Beat Hodel ont fait part lundi de leur départ avec effet immédiat, tout comme Paulo Brügger.

Renouvellement

La direction de Raiffeisen ne comprend désormais plus aucun membre qui se trouvait déjà en fonction en 2015. Critiqué depuis l'éclatement de l'affaire Vincenz, le directeur général Patrik Gisel a jeté l'éponge en juillet 2018. En novembre, Guy Lachapelle, ex-patron de la Banque cantonale de Bâle a lui été confirmé à la présidence, alors que son homologue de la Banque cantonale de Thurgovie, Heinz Huber, a été nommé directeur général. Il a pris ses fonctions le 9 janvier dernier.

Feuilleton de l'année 2018, l'affaire Vincenz, du nom du directeur général de Raiffeisen entre 1999 et septembre 2015 Pierin Vincenz, remonte à octobre 2017. La Finma annonce alors des investigations à l'encontre du 3e groupe bancaire helvétique concernent en particulier la surveillance de la direction par le conseil d'administration.

Fin 2017, Aduno, dont Pierin Vincenz a présidé le conseil d'administration depuis sa création en 1999 à juin 2017, dépose plainte contre ce dernier pour gestion déloyale. La société zurichoise active dans les crédits privés, le leasing ainsi que les cartes de crédit reproche au bâtisseur de Raiffeisen, devenu durant les 16 ans de règne du Grison le 3e groupe bancaire helvétique et un établissement d'importance systémique, de s'être enrichi personnellement dans le cadre d'acquisitions. Pierin Vincenz est également visé par une plainte de Raiffeisen. (awp)






 
 

AGEFI



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