G20: l'occasion de resserrer les rangs autour de l'accord de Paris

mercredi, 05.07.2017

L'enjeu du sommet du G20 de Hambourg sera, pour le climat, de s'assurer que les autres grands pollueurs réaffirment clairement leur adhésion à ce pacte.

L'enjeu du sommet du G20 de Hambourg sera, pour le climat, de s'assurer que les autres grands pollueurs réaffirment clairement leur adhésion à ce pacte.

Un mois après la décision des Etats-Unis de sortir de l'accord de Paris, l'enjeu du sommet du G20 de Hambourg sera, pour le climat, d'éviter tout nouveau recul en s'assurant que les autres grands pollueurs réaffirment clairement leur adhésion à ce pacte.

"Il est terriblement important que les autres puissances du G20 disent que le monde voit le défi climatique d'une manière totalement différente de l'actuelle administration américaine", estime Andrew Steer, président du World Resources Institute.

Mais, prédit Célia Gautier, du Climate Action Network France, «nous aurons probablement un résultat assez faible sur le climat; en tous les cas, ce ne sera pas aussi clair qu'au G7, où c'était Trump contre tous les autres".

Fin mai, en Sicile (Italie), face à un Donald Trump qui prenait ses distances avec les engagements de son prédécesseur Barack Obama, les six autres puissances avaient assumé de briser l'unité du G7 en affichant leur détermination à mettre en oeuvre l'accord de Paris.

Puis, dans la foulée de l'annonce formelle le 1er juin par le président américain du retrait des Etats-Unis, de grands émetteurs de gaz à effet de serre - Union européenne, Chine et Inde en tête - et d'autres pays ont réaffirmé leur soutien à un texte adopté fin 2015 par 196 parties.

Pour Mohamed Adow, spécialiste climat chez Christian Aid, ce G20 est l'occasion "d'isoler les Etats-Unis, de sorte qu'ils ne contaminent pas d'autres pays".

Mais "la situation est plus complexe qu'au G7, car là Trump a des alliés potentiels, l'Arabie saoudite mais aussi la Turquie et la Russie", explique Célia Gautier. Ces pays ont adopté l'accord de Paris, mais leurs dirigeants ne l'ont jamais publiquement défendu.
Pendant les réunions préparatoires au G20, "l'Arabie saoudite s'est vraiment alignée sur les Etats-Unis, même si elle ne le dit pas ouvertement", assure-t-elle.

Les pays du G20 (dont la Chine et l'Inde) représentant 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 80% des richesses produites. Ils ont un rôle central pour réduire les gaz à effet de serre.

Pas de 'charbon propre' 

Avant la défection américaine, l'Allemagne souhaitait, pour ce G20, entrer plus concrètement dans la discussion de la mise en oeuvre de l'accord de Paris.
Un "plan d'action énergie et climat pour la croissance" avait été mis sur la table, mettant l'accent sur la nécessité de présenter des plans de "décarbonation" des économies à l'horizon 2050, de réorienter la finance internationale, de miser encore plus sur les énergies renouvelables, d'obliger les entreprises à intégrer les risques climatiques ou de réduire le soutien aux énergies fossiles.

L'idée était de rechercher un consensus sur ce texte et de l'annexer au communiqué final du G20, qui apportait un soutien de principe à l'accord de Paris, à l'exception des Etats-Unis.

Désormais, ce "plan", revu à la baisse, devrait faire l'objet d'une déclaration à part, le nombre de pays le soutenant restant à déterminer.

"S'il y avait un recul sur un certain nombre de points" par rapport aux précédents G20, "ce serait inquiétant", avance Alden Meyer, de l'Union of Concerned Scientists. Par exemple, dit-il, il n'est pas question pour les ONG et des pays comme la France ou l'Allemagne d'accepter de parler de "charbon propre".

L'accord de Paris, désormais ratifié par 152 pays, a pour objectif de limiter la hausse du thermomètre mondial sous 2°C.

Ce seuil, déjà synonyme de grands bouleversements (niveau des mers, vagues de chaleurs, sécheresses et inondations...), nécessite d'accélérer très rapidement la transition vers une économie mondiale moins dépendante des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz), responsables de 80% des émissions.

Pour cela, au-delà des déclarations de soutien à l'accord de Paris, le vrai baromètre de la détermination des pays est leur politique nationale, selon plusieurs observateurs. Ainsi, souligne un rapport publié lundi par Climate Transparency, soutenir le secteur des énergies fossiles à hauteur de 230 milliards de dollars, comme l'ont fait les membres du G20 en 2014, n'est pas compatible avec cet accord.(awp)


 

 
 



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