L’émergence de la banque 4.0: un défi pour la Suisse

mardi, 12.11.2019

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Tout le monde parle de fintech, de big data, d’algorithmes, de robots advisers, d’IA, de blockchain, de détections de fraudes automatisées, de reconnaissances faciales, de services financiers automatiques et gratuits, etc. mais personne n’a de véritable grille de lecture pour comprendre ce qui se passe exactement.

En fait si l’on veut bien résumer la situation, on pourrait dire que si la première révolution industrielle a été celle de la «machine à vapeur», la seconde de la «machine-outil», la troisième la «machine à commande numérique» alors la quatrième, celle qui commence maintenant, serait celle du «machine learning» donc de l’intelligence artificielle (IA). Ainsi, on pourrait également schématiser l’histoire de la banque privée suisse comme ayant suivi l’évolution des révolutions industrielles. En effet, les banquiers privés comme les grandes banques (Credit Suisse avec les chemins de fer) naissent avec la première révolution (fin du XVIIIe), et après avoir connu la mécanographie (première calculatrice mécanique) durant la 2e révolution (première moitié du XXe siècle), la banque a basculé avec la troisième révolution vers l’informatisation, la bureautique, internet et le e-commerce. Aujourd’hui, la banque est présente partout (mobile), en tout temps (24/24h), tout de suite et pour rien...

Regardez Revolut, N26, Zat, Neon: ces nouvelles banques qui sont souvent encore au stade des start-up, ont déjà rencontré une clientèle importante...plusieurs millions pour certaines, mais ce sont pour l’essentiel des banques issues de la troisième révolution industrielle: celle de la commande numérique, de l’informatique, de l’automatisation des tâches et du tout digital.

All Digital, Low-Overhead and Mobile-First…comme le dit joliment Brett King dans son livre «Bank 4.0- Banking -Everywhere but Never at a Bank», n’est en fait que le prolongement de la révolution informatique et des machines à commandes numériques comme les robots, internet et le e-commerce. On n’est pas encore dans la problématique pure de l’intelligence artificielle:

«Precision Banking»

A l’image de ce qui se passe dans bon nombre de secteurs économiques ou d’activités humaines, comme par exemple en médecine avec la médecine dite de précision, qui est fait rappelons-le du big data, de l’IoT et de l’IA; la médecine désormais prédit et se personnalise à l’extrême; on peut imaginer comme l’un des développements possibles pour le monde financier: «la banque de précision», faite de prédiction et de personnalisation celle-ci mettra derrière elle les «charts» (graphismes et autres statistiques) et autres les profils de risque et placera le «comportemental-client» au centre de ses préoccupations.

Grâce au progrès de l’IA, les applications de la science comportementale à la finance sont maintenant assez nombreuses et bien documentées. Elles englobent des activités clients comme les dépenses, l’investissement, le e-commerce et la gestion de portefeuille. 

L’idée de base est que si j’ai accès à de très grandes quantités de données (big data) sur mon client dans ses différentes activités financières alors je peux établir des prédictions de comportement et donc anticiper ses besoins. En collant à sa réalité, la banque se rapproche de son client et lui offre des services en adéquation avec ses désirs souvent même pas exprimés. C’est ce que tout le monde tente de faire avec l’IA comportementale. D’Amazon à Zalando, de Google à Tencent le monde de la révolution «numérique» est en marche vers plus de prédictif. On parle de précision.

En collaboration avec Loris Comtesse (spécialiste tech-finance)

* Manufacture Thinking






 
 

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