L'industrie suisse est en pleine croissance

jeudi, 06.09.2018

L'économie suisse a fortement accéléré au 2e trimestre, le produit intérieur brut (PIB) ayant crû de 0,7% par rapport au trimestre précédent.

L'industrie manufacturière, qui connaît une embellie remarquable depuis le printemps 2017, est le principal moteur de la croissance du PIB suisse.(keystone)

Selon le Secrétariat d'Etat à l'économie, le PIB suisse a augmenté de 0,7% par rapport au trimestre précédent. Le PIB du 1er trimestre a également été revu à la hausse, à +1,0%, contre +0,6% précédemment.

Sur un an, la croissance conjoncturelle se révèle tout aussi solide, le PIB progressant de 3,4% entre avril et juin, après une expansion de 2,9% de janvier à fin mars (chiffre révisé en hausse).

Le PIB helvétique s'est placé dans le haut de la fourchette des prévisions des économistes, qui anticipaient une croissance de 0,5% à 0,7% sur un trimestre. Sur un an, l'accélération a même dépassé les attentes qui visaient une hausse entre 2,4% et 2,6%.

Les statisticiens fédéraux ont souligné que la Suisse faisait mieux que la zone euro, premier partenaire économique de la Confédération, qui a enregistré une croissance de 0,4% au deuxième trimestre, identique à celle du trimestre précédent.

"L'industrie suisse (est) en pleine croissance", le PIB ayant affiché "pour le cinquième trimestre consécutif une expansion supérieure à la moyenne", a indiqué le Seco dans un communiqué.

Selon ce dernier, "l'industrie manufacturière, qui connaît une embellie remarquable depuis le printemps 2017, est le principal moteur de la croissance. Les exportations de marchandises ont progressé en conséquence". Ce secteur a ainsi affiché une hausse de 1,5%.

Parmi les autres secteurs, l'hôtellerie-restauration (+1,4%) a fortement progressé grâce à un regain de fréquentation touristique, tout comme celui des loisirs (+10,1%). Les domaines de la santé (+0,5%) et des services aux entreprises (+0,3%) ont crû plus modestement, tandis que le commerce a enregistré une baisse (-0,2%).

L’économiste en chef de J. Safra Sarasin Karsten Junius relève que l’effet Coupe du Monde a lui aussi contribué à la croissance du PIB au deuxième trimestre. Celui-ci pèsera même sur la croissance trimestrielle au quatrième trimestre.

Cependant, «des révisions à la hausse significatives des données du PIB au cours des trois dernières années montrent que l’économie suisse est nettement plus forte qu’estimé auparavant. Cela implique que les exportations peuvent très bien faire face au niveau actuel du taux de change. Par conséquent, le besoin de nouvelles interventions de la BNS est loin d’être établi. Nous nous attendons au contraire au maintien de la pression à la hausse sur le franc.»

Si la demande domestique n’a enregistré qu’une croissance modérée, les exportations ont de nouveau augmenté de manière soutenue. Pour ces dernières, l’Asie a confirmé sa tendance à la hausse depuis le début de l’année, tandis que le volume vers les Etats-Unis et vers l’Allemagne a atteint pour chacun de nouvelles valeurs record.

La consommation des ménages, l'un des moteurs de croissance de l'économie suisse, est par contre toujours à la peine, affichant une progression sur un trimestre de seulement 0,3%, après 0,4% au premier trimestre. Les exportations ont par contre nettement accéléré à 2,6%, contre +0,6% en début d'année.

Sur l'ensemble de l'année, la majorité des économistes tablent sur un PIB supérieur à 2%. Très optimistes, UBS et le Seco s'attendent ainsi à une croissance de 2,4%, l'institut KOF à 2,3% et Credit Suisse à 2,2%.(CA avec awp)

 

 






 
 

AGEFI



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