Factory17 appellera la population à l’action

lundi, 07.10.2019

L’économie peut être durable. La preuve, ce jeudi à Genève, avec la soirée Factory17 qui mettra en lumière des cas pratiques d’entreprises qui ont réellement un impact positif sur le monde.

Sophie Marenne

Alexandra «Santu» Boethius d’Impact Hub, Alejandro Ortega de CRIC et Laura Mendoza d’Unima seront présents sur la scène du Factory17.

Alors que se tient la semaine Building Bridges à Genève qui vise à doper l’émergence d’un écosystème financier plus durable, les entrepreneurs ne sont pas en reste. Jeudi, ils seront les vedettes d’un événement inédit: le Factory17. Au sein du bâtiment des Forces Motrices, dix acteurs d’une économie plus durable se succéderont sur l’estrade afin d’inspirer l’audience et de l’inciter à se bouger. «Partout en Suisse, nous ressentons l’urgence d’agir pour l’environnement et le climat. Les importantes manifestations des étudiants dans les rues sont la preuve de cette impulsion positive. C’est formidable de voir la population s’enthousiasmer et partager ces messages sur les médias sociaux. Mais maintenant, il faut réellement sauter le pas et que chacun quitte sa zone de confort pour répondre à cet appel», commente Alexandra «Santu» Boethius, cofondatrice des réseaux dédiés à l’entreprenariat Impact Hub Genève et Lausanne.

Des influenceurs de Suisse et d’ailleurs

Dans cette optique, Factory17 donnera la parole à des modèles d’identification. Ces derniers présenteront leurs activités mais aussi leur histoire. «Ce ne seront pas des discours classiques de startupers et dirigeants présentant des projets novateurs mais des récits plus personnels de leur déclic: ce qui les a poussés à oser», ajoute l’organisatrice.  

Certains de ces visionnaires seront des acteurs du changement de Suisse tels que Robert Stitelmann, fondateur de la coopérative genevoise d'objets en partage La Manivelle, ou bien Thomas Vellacott, CEO du WWF Suisse. D’autres viendront de beaucoup plus loin comme Alejandro Ortega, directeur de la société Costa Rica Insect Company (CRIC) qui produit des aliments riches en protéines à base d’insectes; ou encore Laura Mendoza, cofondatrice de la firme mexicaine Unima, spécialisée dans les diagnostics rapides et peu coûteux. Ces deux entrepreneurs venus d’Amérique centrale séjournent toute la semaine dans la cité de Calvin dans le cadre d’un programme plus large piloté par Impact Hub.

En marge d’un concours mondial

La soirée Factory17 est en réalité la partie émergée et destinée au grand public de l’iceberg d’un projet d’une bien plus grande envergure: Accelerate2030. «En 2016, nous avons initié ce programme depuis Genève dans le but de soutenir les entreprises du monde entier qui proposent des solutions innovantes aux problèmes sociaux et environnementaux les plus pressants du globe. Nous cherchons à les aider à prendre de l’ampleur. Comment? La ville du bout du lac présente un profil singulier avec un écosystème à la fois financier, de grandes organisations internationales et d’importantes multinationales. Notre objectif est de bâtir des ponts entre ces biotopes et les entrepreneurs qui offrent des solutions à fort impact au regard des 17 objectifs du développement durable de l’Organisation des Nations Unies (ONU)», décrit la directrice du programme Accelerate2030.

A l’échelle mondiale, le réseau Impact Hub se déploie à travers une centaine de communautés en Afrique, Amérique du sud, Asie et Europe. «Nous nous reposons sur ces réseaux nationaux pour les premières nominations, chaque pays sélectionnant les entreprises caractéristiques en termes de fort impact», dit-elle. Cette troisième édition d’Accelerate2030 s’étend sur 16 pays et a suscité plus de 1100 candidatures depuis le Brésil, le Zimbabwe, le Nigeria, la Serbie, la Malaisie ou encore l’Indonésie. Au final, 150 lauréats ont été choisis. «Ensuite, notre jury a distingué, parmi eux, dix entrepreneurs – dont Alejandro Ortega et Laura Mendoza – qui ont remporté leur invitation à participer au programme global.» Ces derniers bénéficient d’une semaine de coaching en Suisse, la Global Scaling Week, qui se déroule en ce moment. Au programme: accompagnement personnel, entraînement oratoire et mise en relation avec des investisseurs dits «d’impact» soit socialement et écologiquement responsables. De plus, ces finalistes se verront encore guidés pendant les six mois à venir.

Evénement tout public

Le rassemblement est nommé Factory17 pour illustrer la volonté de pousser les individus à mettre les mains dans le cambouis au regard de l'économie circulaire, de l'avenir de l'alimentation, de l'égalité des sexes: soit de toutes les problématiques portées par les 17 thèmes ciblés par l’ONU.

Organisé avec le soutien du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), du canton et de la ville de Genève, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de l’International Trade Centre et du fonds Engagement Migros, le rendez-vous devrait attirer de 300 à 500 spectateurs. Santu Boethius souligne: «Bien entendu, il y aura une forte présence des participants de la Building Bridges Week, les membres de la Genève financière et internationale. Mais il est important de signaler que Factory17 est ouvert à tous, des adolescents aux retraités.»

Unima: un succès issu d’un lieu improbable

L’accès abordable à un diagnostic rapide est un élément clé en vue d’une couverture des maladies universelle. Or, près de 3 milliards de personnes vivent dans des pays émergents, en développement ou alors avec de très petits revenus dans des pays développés. En réaction, la société mexicaine Unima a développé une plateforme qui permet à quiconque, même sans formation médicale, de diagnostiquer une maladie, et ce, sans équipement de laboratoire. Les résultats sont disponibles en quinze minutes seulement et au prix d’un dollar par test. Des essais sont en cours au Cameroun et en Zambie, avant de débuter sous peu au Mexique, au Guatemala, en Indonésie, en Afrique du Sud et au Zimbabwe.
Pour la cofondatrice et Chief Product Officer, Laura Mendoza: si son équipe et elle ont réussi à construire une entreprise technologique dans une région du monde si improbable, tout le monde peut en faire autant.

Des solutions durables du CRIC à base d'insectes

Alors que 50% des terres habitables de la planète sont monopolisées par le bétail, la Costa Rica Insect Company (CRIC) propose une solution pour nourrir l’humanité sans continuer à détériorer la Terre. Son alternative à base d’insectes: la poudre de grillons. Alejandro Ortega, CEO de la jeune pousse, estime à deux tonnes par mois la demande actuelle pour ce produit. Non seulement durable, cette solution est saine et de haute qualité du point de vue nutritionnel.
Les fondateurs, Daniela Arias et Alejandro Ortega, ont créé la première ferme à crickets destinés à la consommation humaine d’Amérique centrale. Ils coopèrent avec des agriculteurs des zones rurales du pays pour les amener à devenir des éleveurs d’insectes au lieu de bétail. Dix familles d’agriculteurs sont en pleine conversion. En comparaison des cheptels classiques, la CRIC utilise 2000 fois moins d’eau pour une production trois fois plus grande en protéines.

 

 






 
 

AGEFI




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