Chine: une nouvelle injection de liquidités

lundi, 17.02.2020

La banque centrale tente de contenir l’impact du coronavirus sur l’économie chinoise.

Julien Staehl*

Julien Staehl

L’économie chinoise aurait tourné à seulement 40-50% de sa capacité la semaine dernière. Le risque pour l’économie mondiale est que le coronavirus empêche les entreprises de fonctionner normalement, entraînant des perturbations sur toute la chaine de production et un manque de composants. Il n’y a pas de doute que le coronavirus aura des retombées sur la croissance chinoise, qui pourrait stagner au premier trimestre 2020, avec des effets en cascade potentiels pour la conjoncture mondiale (la Chine représente 18% du PIB global). Mais «temporaires» semble actuellement être le mot d’ordre.

L’économie allemande préoccupe

L’état de l’économie allemande est préoccupant, d’autant que c’est antérieur au coronavirus. Le PIB a en effet stagné au dernier trimestre 2019, avec une hausse de seulement 0.4% sur base annuelle. Sur le front des taux de change, l’euro continue d’être faible, au plus bas depuis avril 2017. Aux Etats-Unis, les ventes au détail ont progressé de 0.3% en janvier, soit 4.4% sur base annuelle, conformément aux attentes. Au Japon, le PIB est ressorti en baisse de -1.6% au quatrième trimestre 2019. L’augmentation de la TVA au 1er octobre a notamment freiné la consommation, qui a chuté de -2.9% sur la période. L’investissement des entreprises s’est aussi fortement contracté.

L’impact du coronavirus se fera probablement sentir sur les résultats des entreprises du premier trimestre. Certaines l’ont annoncé. Actuellement, les analystes réduisent leurs estimations bénéficiaires et pourtant de nombreux indices boursiers frisent avec les plus hauts historiques. 

Cette attitude nonchalante des investisseurs, avec des évaluations qui augmentent, semble paradoxale. Elle montre, d’une part, qu’après un effet négatif temporaire sur la croissance, une reprise est attendue et, d’autre part, qu’ils s’attendent au remède habituel, l’argent facile des banques centrales. La banque populaire de Chine vient d’en distribuer une nouvelle dose, avec une injection de liquidités sous forme de prêts à moyen terme aux banques et une baisse du taux de refinancement pour stimuler l’activité.

Peu de crainte de récession

Lors de son discours au Congrès, le président de la Fed, J. Powel, s’est montré rassurant, estimant que l’économie américaine se situe en bonne place et qu’il n’y a guère de craintes de récession. Les créations d’emplois sur les trois derniers mois sont très favorables pour la confiance et la consommation. Il faudrait donc que l’impact du coronavirus soit persistant pour amener la Fed à changer sa politique monétaire avec de nouvelles baisses de taux. Cette option reste cependant ouverte dans l’esprit des investisseurs au cas où, ce qui continue de pousser les indices actions en hausse.

Du côté obligataire la course au rendement se poursuit, avec le taux grec à dix ans désormais à 0.9%, au même niveau que les BTPS italiens. 

Swatch porteur (ISIN: CH0012255151, prix: CHF 253.-)

Historiquement, la valorisation du titre Swatch est attractive à 16 fois les bénéfices 2020 mais certains éléments viennent relativiser cette première évaluation.

Tout d’abord, le segment du luxe, auquel Swatch appartient, comporte un certain nombre de titres dont le positionnement sur l’échelle du luxe se situe plus haut que celui du groupe biennois (Richemont et Hermès en sont de bons exemples). 

Ce positionnement moins élevé sur l’échelle du luxe se transcrit par des niveaux de marges moins juteuses que celles de la concurrence. Unpositionnement moins élitiste rend le groupe plus sensible à la conjoncture, les ultras riches étant naturellement moins sensibles aux fluctuations économiques.

Aussi, l’exposition géographique de son chiffre d’affaires est massivement orientée vers l’Asie (plus du 60% - contre environ 45% pour Richemont par exemple). Cet élément rend le groupe plus vulnérable à la situation qui affecte la région (coronavirus et manifestations à Hong Kong.).

Le groupe Swatch est également, par sa philosophie d’entreprise, moins enclin à une adaptation de sa structure de coûts aux fluctuations du cycle économique. En d’autres termes, licencier pour préserver les marges ne fait pas partie de la culture d’entreprise chez Swatch. Swatch reste une société extrêmement solide ne faisant état d’aucune dette et disposant de liquidités se chiffrant à l’équivalent de 11% de sa capitalisation boursière. Bien que les chiffres 2019 soient ressortis en repli par rapport à 2018, le dividende de plus de 3% a été confirmé.

A ces niveaux le ratio entre Swatch nominative et Swatch porteur est relativement neutre sur base historique se situant en milieu de canal. A court terme, la situation en Asie devrait constituer l’influence dominante sur l’évolution du cours du titre.

*Responsable de la gestion discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

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