Leclanché doit trouver près de 40 millions pour une nouvelle installation

jeudi, 20.06.2019

Leclanché va acquérir une ligne de production entièrement automatisée pour la fabrication de modules de batteries au constructeur italien Comau. La société doit encore trouver 40 millions auprès d'investisseurs.

Avec sa nouvelle installation entièrement automatisée pour l'assemblage de modules de batteries lithium-on, Leclanché pourra décupler sa capacité de production.(Keystone)

Leclanché a commandé au constructeur italien Comau une ligne de production entièrement automatisée pour la fabrication de modules de batteries, devant permettre de satisfaire la demande croissante du secteur de l'e-marine notamment (ferries à propulsion électrique). La société doit toutefois encore trouver près de 40 millions de francs pour résoudre les problèmes en amont.

Avec sa nouvelle installation entièrement automatisée pour l'assemblage de modules de batteries lithium-on, Leclanché pourra décupler sa capacité de production et répondre aux besoins importants de sa clientèle du secteur des transports électriques (ferries, bus, trains) pour les prochaines années, a précisé jeudi le directeur financier et opérationnel (CFO/COO) Hubert Angleys, prolongeant le communiqué de l'entreprise.

La ligne de production sera établie à Yverdon. Elle doit être opérationnelle en avril 2020 et coûte 5 millions de francs, financés sur le fonds de roulement.

Cet accord avec Comau ne règle cependant qu'une partie du problème. Leclanché doit encore trouver 35 à 40 millions auprès d'investisseurs pour augmenter ses capacités de production en amont, à savoir pour la fabrication des cellules devant servir aux modules assemblés à Yverdon.

Ces cellules sont produites à Willstätt, en Allemagne, et il convient de tripler leur capacité de fabrication pour honorer toutes les commandes. A défaut, la nouvelle installation d'Yverdon tournera à vide.

 

Besoin de financement

"Nous avons bon espoir de trouver l'argent d'ici deux mois, auprès d'investisseurs ou sous forme de prêts", a dit M. Angleys. A défaut, Leclanché devra sous-traiter une partie de sa production de cellules, de quoi impacter ses marges à la baisse et reporter au-delà de 2020 le retour dans les chiffres noirs au plan opérationnel.

Parallèlement, un deuxième dossier reste à régler ces prochaines semaines. Leclanché doit encore convaincre son principal actionnaire, la Fefam (acronyme désignant quatre fonds enregistrés au Luxembourg), d'accepter son plan pour restructurer le bilan.

La Fefam, lors de l'assemblée générale des actionnaires le 9 mai, avait refusé un plan de réduction de 1,50 francs à 10 centimes de la valeur nominale de l'action, qui aurait permis à l'entreprise de se mettre en conformité avec les exigences du Code des obligations (CO) relatives au niveau de fonds propres par rapport au capital.

L'actionnaire majoritaire, par son refus, a exprimé ses craintes qu'un nouvel acteur puisse entrer à trop bon compte dans le capital.

Cependant, lors de la même assemblée, les actionnaires ont accepté la transformation d'un prêt de 36 millions en fonds propres. Cette décision permet de réduire l'endettement de Leclanché à 10,5 millions.

Leclanché n'a pas reçu de délai fixe pour se mettre en conformité avec le CO, mais il est dans son intérêt d'y parvenir rapidement afin de convaincre les investisseurs recherchés. Au final, il s'agit de trouver une solution équilibrée qui réponde aussi aux craintes de Fefam.

Actionnariat opaque

La situation est assez compliquée, reconnaît la société. Fefam est conseillée par la société Golden Partner, qui a un bureau à Genève et un autre à Shanghaï. Ce dernier a convaincu des investisseurs chinois de miser sur Leclanché, via les fonds Fefam.Il s'agit probablement en bonne partie de "family offices", soit de riches familles chinoises plaçant leur argent en Europe, mais Leclanché n'a pas la visibilité sur la composition exacte de l'investissement dans Fefam."L'aspect triangulaire de la relation (Fefam, Golden Partner, Leclanché) est un peu difficile", admet M. Angleys, comme l'a montré le rejet par les actionnaires du plan proposé par le conseil d'administration.L'entreprise du Nord vaudois, qui a recruté près de 100 personnes en 2018, espère rapidement retrouver les chiffres noirs sur le plan opérationnel, dans le prolongement de l'essor de ses recettes. L'an dernier, le chiffre d'affaires a atteint 48,7 millions de francs, contre 18 millions en 2017, pour une perte opérationnelle de 39,1 millions et une perte nette de 50,7 millions.Leclanché est en plein recentrage de ses activités. Le secteur stationnaire du stockage de l'énergie, qui représentait l'an passé 80% des ventes, est appelé à devenir minoritaire vu le développement des solutions pour les transports électriques. De 20% en 2018, ce deuxième secteur devrait passer à 30% en 2019 puis devenir prédominant, si le plan est tenu.(awp)

 

 






 
 

AGEFI



...