La Fed est au cœur de tous les échanges

lundi, 27.08.2018

Le ton des discussions de ses membres valide le scénario d’une hausse imminente des taux.

ENGUERRAND ARTAZ*

Entre les critiques de Donald Trump à son égard, la publication des minutes de sa dernière réunion et le symposium de Jackson Hole – dont le point d’orgue a été le discours de son président – la Réserve fédérale américaine (Fed) a figuré au cœur de l’actualité de la semaine dernière. D. Trump a de nouveau tancé l’institution américaine et critiqué les récentes décisions de son président, Jerome Powell, arguant qu’il ne s’attendait pas à ce que celui-ci poursuive la normalisation monétaire et qu’il regrettait les dernières hausses de taux. Ces attaques font écho à de précédents commentaires, qui avaient notamment reproché à l’institution de retirer ainsi aux Etats-Unis «un avantage concurrentiel important». Le président de la Fed de Dallas a indirectement répondu dans une étude publiée mardi dernier. Il a rappelé que ce n’est que lorsque les taux courts auront atteint un niveau neutre (qui ne freine ni ne stimule l’économie) que la Fed pourra envisager de stopper les hausses de taux, tout en précisant que cela nécessiterait encore trois à quatre hausses supplémentaires.

«Economie en mutation»

Ce message a été confirmé par la publication, mercredi, des minutes de la dernière réunion du FOMC. Le ton des discussions des membres de la Fed valide le scénario d’une nouvelle hausse imminente des taux, probablement dès la réunion de septembre. Les gouverneurs relèvent la robustesse du marché du travail, ainsi que la hausse des dépenses de logement et d’investissement des entreprises. Ils relèvent également que les dernières données économiques ont été conformes à ce qu’ils avaient anticipé, et notamment que l’inflation salariale peine toujours à accélérer.

Ce dernier point fait partie des éléments qui empêchent d’observer la relation classique entre la saturation du marché du travail et l’apparition d’inflation salariale. Un sujet qui a fait partie des préoccupations centrales du colloque de Jackson Hole, dont le thème était «Changing Market Structure and Implications for Monetary Policy». Le terme de «Market» étant suffisamment vaste, la guerre commerciale et, plus généralement, le risque protectionniste et son impact sur les «marchés» de biens, ont également été au menu des discussions, même si évoqués de manière indirecte, les banquiers centraux évoquant plutôt une «économie en mutation». Point d’orgue du sommet, le discours de Jerome Powell, particulièrement attendu, a été perçu comme plutôt «dovish».

*Analyste-gérant Cross Asset à La Financière de l’Echiquier 






 
 

AGEFI



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