Cheops est parvenu à esquiver un débris spatial

jeudi, 05.11.2020

Le télescope Cheops, première mission spatiale conjointe de la Suisse et de l’ESA, a évité une collision avec un débris spatial. La probabilité de se faire percuter était de 1 contre 10.000: un chiffre qui, s’il semble minime à première vue, était en réalité très préoccupant pour les scientifiques.

Cheops est un satellite scientifique imaginé et développé de bout en bout par des chercheurs suisses. C’est la première fois que l’astronomie helvétique, qui codirige cette mission avec l’Agence spatiale européenne, (ESA), dispose d’une telle visibilité en matière spatiale. (Keystone)

Cheops a frôlé la catastrophe. Les scientifiques derrière le projet ont été prévenus, le 30 septembre, qu'un débris spatial était sur la trajectoire de collision avec l’appareil. Deux jours plus tard, un débris du satellite chinois défectueux Fengyun 1C allait passer à proximité. Début octobre, l'équipe du télescope spatial CHaracterizing ExOPlanet Satellite a donc effectué une manœuvre d'évitement. Mission réussie.

Si le débris du satellite chinois faisait la taille d'une brique de lait, le réel danger était sa vitesse. Selon l'Université de Genève, qui a fait part de l’information ce jeudi dans un communiqué, les objets en orbite terrestre se déplacent dans l'espace à une vitesse «plusieurs fois supérieure à celle d'une balle de fusil». Un morceau d'un centimètre de diamètre entrant en collision avec un autre objet libère l'énergie d'une grenade à main qui explose.

Selon les calculs, le morceau de débris du satellite chinois se serait trouvé à une distance dangereuse de 500 mètres du télescope CHEOPS. La probabilité d'une collision était alors de 1 pour 10.000. «Cela peut ne pas sembler très dramatique à première vue. Mais aux vitesses énormes des satellites, une déviation minimale de l'orbite peut avoir des conséquences fatales», explique Christopher Broeg, manager de la mission Cheops à l’Université de Berne. En cas de collision, cela aurait pu signifier la destruction de CHEOPS.

Orbite corrigée

«Nous avons décidé pour une orbite à 56 mètres en dessous de l'orbite précédente», explique le directeur. Pour corriger la trajectoire, l'instrument a dû être arrêté le 1er octobre pour des raisons de sécurité.Le 2 octobre à 00h52, l'ordinateur de bord a allumé les propulseurs de contrôle de Cheops pendant 1,5 seconde et a réussi à corriger l'orbite. Le débris a finalement survolé l’appareil le 2 octobre à 01h41 à une vitesse relative de 3140 mètres par seconde à une distance d'environ un kilomètre sans causer de dommages.

Haute tension

Lors de la planification de la mission, il a été supposé qu'il y aurait au maximum trois avertissements de collision par an et une correction d'orbite efficace. «Pour l'équipe du CHEOPS, c'était le premier avertissement, c'est pourquoi la tension était élevée au début», s’exclame Christopher Broeg.

Cheops a pour objectif d’analyser les exoplanètes connues afin de déterminer, entre autres, si elles réunissent des conditions propices au développement de la vie. Ce projet de l'Agence spatiale européenne et de la Suisse est placé sous la responsabilité de l’Université de Berne en collaboration avec l’Université de Genève. (ATS)






 
 

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