Chabi Nouri: «Le Covid-19 nous a poussés à repenser nos événements»

jeudi, 03.09.2020

Le Swiss Economic Forum se poursuit à Montreux, ce jeudi. Le seul intervenant horloger du congrès est une intervenante: Chabi Nouri qui dirige Piaget depuis trois ans. La CEO se veut confiante dans la résilience de l’industrie aux attaques du coronavirus.

Sophie Marenne

Chabi Nouri sur l’estrade de l’auditorium Stravinski. Elle a relevé la faible proportion de femmes dans l’audience de près de 1000 acteurs de l’économie suisse présents au Swiss Economic Forum. (SEF2020)

«L’industrie horlogère suisse est pérenne», a rassuré Chabi Nouri, CEO de Piaget en préambule de son intervention au Swiss Economic Forum (SEF). N’abordant pas la question de la marche des affaires de son entreprise, elle a indiqué que, face à la crise du Covid-19, «les coups de cœur et l’émotion à la base des achats horlogers étaient durables.» Celle qui fut, dès 2017, la première femme à la diriger une marque du groupe Richemont s’est aussi amusée de la marée de costumes-cravates qui s’étendait dans l’auditorium du centre des congrès de Montreux. L’égalité entre les genres? «Quand on voit l’audience de cette belle salle, on se dit qu’il y a encore un peu de travail», a plaisanté la dirigeante de l’entreprise de plus de 145 ans. La Suissesse a ensuite répondu à trois questions pour l’Agefi

Le coronavirus n’a pas épargné l’horlogerie. Depuis janvier, le groupe Richemont aux mains duquel se trouve Piaget a vu son chiffre d’affaires reculer de 18%. Le «monde d’après» aura-t-il encore envie de montres et bijoux?
C’était formidable d’avoir pu m’exprimer devant des acteurs aussi importants de l’industrie suisse: cela m’a permis de remettre l’industrie horlogère au centre des discussions. Les achats de montres et de bijoux sont, je le crois, motivés par la passion. Vu qu’ils sont tout le temps à notre poignet, à nos doigts ou à nos cous, ce sont des objets avec lesquels nous sentons une connexion. Le Covid-19 nous a poussés à réfléchir à des solutions pour engager autrement nos clients et notamment à repenser nos événements plutôt physiques jusqu’ici.

Justement, les foires et salons horlogers du pays ont-ils encore une utilité dans un paysage de plus en plus numérique?
Nous avons eu la chance et l’opportunité de maintenir Watches & Wonders, anciennement SIHH, de manière numérique. Cela nous a donné l’occasion de continuer à parler d’horlogerie, de présenter nos nouveautés et de toucher un public plus large. Nous avons toujours fait partie de cette vitrine et nous continuerons dans le futur.

Je crois beaucoup à l’équilibre. Plateforme physique, plateforme virtuelle: il nous faut les deux. De la même façon que nous avons besoin de boutiques et d’e-commerce. Notre communauté sera toujours présente pour venir observer le savoir-faire de la main, ce qui n’est possible qu’en direct.

Comment combiner cette nécessité de numérisation avec la tradition horlogère?
Notre industrie est très dynamique. Elle est loin d’être figée dans le passé. Si elle s’est construite durant les 300 dernières années, c’est bien sur 300 ans d’innovation. Je pense qu’il faut arrêter d’opposer héritage et innovation. Ces concepts ne vont pas à l’encontre l’un de l’autre mais se nourrissent.

>>Lire notre dossier spécial Swiss Economic Forum






 
 

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