Un DronePole à Payerne dès 2019

mardi, 15.05.2018

Le swiss aeropole et quatre acteurs de l’industrie sont à l’origine de ce projet de centre dans le canton de Vaud.

Sophie Marenne

L’industrie des drones est un secteur stratégique pour l’aéropôle car il cible des entreprises des secteurs de l’aéronautique, de l’aérospatial et des systèmes autonomes.

Les abords la base aérienne de Payerne (Vaud) pourraient bientôt abriter un centre de tests et de certifications pour véhicules volants autonomes. «Notre objectif est d’accueillir nos premiers clients en 2019», déclare Massimo Fiorin, directeur de la société Swiss Aeropole à l’initiative du projet. Cette entreprise qui a pour missions la gestion des activités civiles de l’aérodrome et le développement d’un business park aux alentours, voit l’industrie des drones comme un tremplin stratégique pour la croissance économique de la région. 

Le DronePole se présentera comme un vaste bâtiment à l’intérieur duquel des expériences dans différentes conditions atmosphériques pourront être réalisées, selon une procédure solide et contrôlée. Vent violent, neige, pluie ou grêle: les fabricants et opérateurs y analyseront le comportement de leurs appareils dans les situations météorologiques les plus complexes. «Une fois le centre opérationnel, une dizaine de places de travail seront directement créées. Ensuite, notre objectif est d’attirer les entreprises du milieu qui voudraient faire partie de cet écosystème dynamique et ouvert.»

La sécurité en ligne de mire

Conçu à la fin de l’année 2017, le projet est actuellement étudié par l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC). L’agenda futur dépendra beaucoup de sa réponse à une demande de soutien financier. «Le DronePole offre des réponses et des outils dont l’OFAC et l’industrie ont besoin. A l’exception des drones légers de grande consommation, tous les appareils requerront des tests et des certifications pour être opérés. Grâce au DronePole, la population sera et se sentira en sécurité. C’est la condition qui permettra à l’OFAC d’ouvrir le ciel.» 

L’initiative s’est construite en collaboration avec quatre partenaires: des entreprises romandes novatrices du secteur des drones. 

Premièrement, la start-up genevoise Windshape qui a développé une soufflerie révolutionnaire dédiée à ces engins. Composée de petits ventilateurs, l’installation rompt avec les systèmes traditionnels et permet de moduler les vents pour recréer des conditions de vol particulières et réalistes. «L’idée est d’offrir une installation pilote au sein du Drone Pole afin que les sociétés y testent ou y certifient leurs produits.» La start-up a notamment déjà livré une unité de cet appareillage à Caltech et à la NASA. 

Le deuxième partenaire est InVoli, précédemment nommé OneSky. L’entreprise est spécialisée dans l’intégration des drones à l’espace aérien. Elle fournit à leurs pilotes des informations sur le trafic aérien – avions, hélicoptères ou encore parachutes – afin qu’ils évitent toute collision ou situation dangereuse.

Troisième équipier dans cette aventure: Relasys. La start-up conçoit des systèmes embarqués de détection et d’évitement. Ainsi, les engins déjouent les obstacles imprévisibles, tels que des oiseaux, par exemple. 

Spin-off de l’institut ROSAS de Fribourg, CertX est le quatrième partenaire à la base du DronePole. Cet organisme est la première structure d’accréditation qui certifie les drones professionnels et industriels de A à Z, selon les réglementations européennes en vigueur. «CertX agira comme une enveloppe, utilisant les services fournis par les autres partenaires pour vérifier, valider et certifier les drones et de leurs applications», explique Massimo Fiorin.

Au sein du business park 

Le futur DronePole s’intégrera dans le projet plus large du futur parc technologique de la Broye, en construction aux abords de la piste de l’aérodrome payernois. Ce business park, bâti en parallèle du nouveau terminal d’aviation civile et dont le chantier a débuté en août, sera dédié spécifiquement aux entreprises actives dans les secteurs aéronautique, aérospatial et des systèmes autonomes. «Nous disposons de 25 hectares de terrains constructibles, dont certains ont un accès direct à la piste. Nous sommes voisins de l’autoroute A1 et de nombreuses villes importantes de Suisse occidentale. Dès mars 2019, le nouveau bâtiment offrira 6600 m2 de hangars, pour les business jets notamment mais également pour d’autres services en aviation d’affaires. Dans cet édifice, 3000 m2 de surfaces locatives seront à disposition: bureau, espace de stockage ou atelier. Nous en sommes au début, mais le technopole a le potentiel pour accueillir plusieurs milliers d’emplois, à long terme.» 

Il conclut: «L’industrie des drones n’est donc qu’une partie des sociétés que nous ciblons, mais une partie stratégique au vu de la situation pionnière de la Suisse dans ce domaine au niveau international.»






 
 

AGEFI



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