Atokalpa, rare alternative pour l’oscillateur de montre

mercredi, 22.08.2018

Le sous-traitant micromécanique jurassien appartenant au pôle horloger de la Fondation Sandoz, est ouvert à toutes les marques horlogères depuis 2011. Il projette d’agrandir son site de production.

Elsa Floret (Alle, Jura)

Sébastien Jeanneret dirige Atokalpa depuis 2006

Avec une production avoisinant les 200.000 oscillateurs par an, Atokalpa, sous-traitant micromécanique pour l’horlogerie et la haute horlogerie, basé à Alle dans l’Ajoie (Jura), est le deuxième producteur d’oscillateurs, après les grands groupes horlogers. Atokalpa - qui appartient au pôle horloger de la Fondation Sandoz - fournit une quarantaine de marques de l’horlogerie mécanique suisse, depuis 2011.
 
Sébastien Jeanneret dirige les 115 collaborateurs d’atokalpa et gère la production de deux lignes de produits: le rouage et l’oscillateur, qui est le cœur pulsant de la montre mécanique, à savoir l'organe réglant et le ressort spiral. Unique à chaque montre, il compte le temps.
 
«Ce mobile balancier-spiral est un élément stratégique dans une montre, telle la base du temps, c’est l’équivalent du quartz de la montre mécanique, qui demande pas moins d’une cinquantaine d’opérations pour le réaliser, dont 15 pour amener le spiral de l’ébauche reçue de la fonderie jusqu’à la montre», ajoute le directeur d’atokalpa, ingénieur de formation.
 
La référence en chronométrie est 10 secondes par jour, à plus ou moins 5 secondes, selon le label de précision COSC (Contrôle Officiel Suisse de Chronomètre). Dans le monde de l’horlogerie, environ 90% des montres mécaniques ne sont pas certifiées COSC, selon Sébastien Jeanneret. Mais tout le monde œuvre dans cette direction. D’où l’importance de la fabrication d’oscillateurs de qualité.
 
Dans chaque montre mécanique, il a y environ une vingtaine de rouages. Tout ce qui tourne dans une montre, comme le polissage façon miroir, le soleillage, la goujure diamantée constituait l’unique d’activité d’atokalpa, avant l’arrivée de la Fondation Sandoz en 2001, qui a investi plusieurs millions de francs dans l’industrialisation pour la fabrication de l’oscillateur complet. Activité complexe, lourde en investissement et qui représente aujourd’hui 75% du chiffre d’affaires du sous-traitant.
 
«Après Nivarox, leader monopolistique de Swatch Group et certaines maisons horlogères, qui fabriquent une partie de leurs oscillateurs, atokalpa devient un sous-traitant important, une des rares alternatives dans l’horlogerie et la haute horlogerie, qui produit entre 5 à 6 millions de montres par an», résume, Sébastien Jeanneret directeur d’atokalpa depuis 2006.
Seuls sont présents des petits acteurs sur le marché de l’oscillateur, à l’exception du leader Nivarox et des grandes marques, ajoute-t-il.
 
A l’instar d’ETA, producteur de millions de mouvements mécaniques du Swatch Group, Nivarox est une filiale de Swatch Group, qui produit des millions d’oscillateurs par an.
 
Après une première phase de test chez atokalpa - entre 2002 et 2003 - suivie du développement de l’oscillateur en présérie - entre 2004 et 2008 - année de la crise horlogère, la  production s’est stabilisée jusqu’en 2012. Après une année record en 2014, la production s’est ralentie de 2015 à 2017, suivant la courbe des exportations horlogères.
«En l’espace de dix ans, nous sommes devenus un des rares fournisseurs alternatifs.

L’objectif pour nos clients est de se dégager de l’emprise de Swatch, dont la filiale Nivarox verrouille les approvisionnements de spiraux et décide de ne plus fournir la concurrence, de façon inopinée», décrit le directeur d’Atokalpa, qui reste concurrentiel sur le balancier-spiral haut de gamme, sans toutefois atteindre les tarifs auxquels Nivarox équipe les millions de mouvements ETA de Swatch Group.
 






 
 

AGEFI




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