Hôtellerie-restauration: à Genève, le SIT s'oppose à la nouvelle CCT

mardi, 18.10.2016

Le SIT à Genève s'oppose à la nouvelle convention collective nationale de travail dans l'hôtellerie-restauration, qui entrera en vigueur en 2017.

Le SIT s'insurge contre le salaire minimum de 3417 francs mensuels de la nouvelle CCNT pour les employés sans qualification.

Le Syndicat intersyndical de travailleuses et travailleurs (SIT), à Genève, s'oppose à la nouvelle convention collective nationale de travail (CCNT) dans l'hôtellerie-restauration, qui entrera en vigueur en 2017. Il demande un avenant cantonal avec des salaires adaptés au coût de la vie genevois.

Le SIT a adressé une opposition partielle le 23 août au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), a-t-il annoncé mardi. Il s'insurge contre le salaire minimum de 3417 francs mensuels de la nouvelle CCNT pour les employés sans qualification. A Genève, les salaires minimaux des employés non qualifiés sont meilleurs dans l'économie domestique et le commerce.

L'hôtellerie-restauration est ainsi le secteur qui paie le plus mal ses employés. Les salaires ne permettent pas de vivre dans un canton, où la cherté de la vie est sans commune mesure avec d'autres régions. Nombre de salariés du secteur doivent recourir aux subsides de l'assurance-maladie et aux aides au logement. Les impôts des Genevois subventionnent donc indirectement les employeurs, relève le SIT.

La nouvelle CCT de portée nationale permet aussi aux patrons d'abaisser les minima salariaux de 8% durant la période d'essai et de jongler avec les heures supplémentaires pour éviter de les rémunérer à 125%, critique le syndicat. Enfin, les contrôles sont insuffisants pour s'assurer de la bonne application de la CCT et lutter contre la sous-enchère salariale.

Pour un avenant cantonal

Le SIT exige la création d'un avenant genevois sur les salaires minimums. Il a interpellé les syndicats locaux, a précisé sa secrétaire générale Manuella Cattani. Selon elle, l'autorité politique devrait aussi intervenir, vu l'intérêt public à ne pas encourager le dumping salarial.

Le syndicat rappelle qu'un tel avenant existait dans le secteur jusqu'en 2006, mais qu'il n'avait alors pas été renouvelé par le SECO au motif que le même objet ne peut pas être réglé dans deux déclarations de force obligatoires différentes - cantonale et fédérale. Or l'avenant cantonal à la CCNT du gros œuvre a été étendu en 2006 et en 2009, selon le SIT.

La CCNT de l'hôtellerie-restauration est la plus grande de Suisse. Elle concerne 30.000 établissements et 210.000 salariés. Dans le canton de Genève, 17.500 personnes travaillent dans 2000 établissements. - (awp)


 

 
 

 
 

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