Les matières premières s’effondrent

lundi, 23.07.2018

Le secteur était sur pente ascendante mais la tendance s'est brutalement inversée à la suite du sommet du G7.

Valentin Girard*

Même l’or, une classe d’actifs qui sert traditionnellement de refuge, n’a pas réussi à freiner la baisse avec un dollar qui s’est renforcé.

Tout semblait bien parti et positif pour les matières premières. Les indices macro-économiques comme l’inflation élevée et la croissance mondiale synchronisée fournissaient un fond solide pour cette classe d’actifs. Or, le mouvement ascendant s’est renversé rudement après le sommet du G7.

Le Bloomberg Commodity Index a chuté d’environ 10% par rapport à son plus haut du mois de mai. Les craintes exacerbées qu’une guerre commerciale fasse dérailler la croissance mondiale ont réduit la demande pour les matières premières. Même l’or, une classe d’actifs qui sert traditionnellement de refuge, n’a pas réussi à freiner la baisse avec un dollar qui s’est renforcé. De plus, la Fed a signalé des nouvelles hausses d’intérêts pour cette année.

Le cuivre est souvent considéré comme un baromètre de la croissance économique mondiale. En effet, le métal rouge est utilisé dans les réseaux électriques, les tuyauteries, les câbles, les voitures et les dernières nouveautés électroniques. Le prix du cuivre est fortement corrélé avec la croissance économique de la Chine. La corrélation entre le taux de change yuan/dollar et le prix du cuivre a fortement augmenté, soulignant à quel point les perspectives de la demande de métaux industriels sont liées à ce pays. Des prix des matières premières plus faibles ne sont pas nécessairement une mauvaises nouvelle pour l’économie chinoise qui est un grand importateur de produits de base. Ils  contribuent à stimuler la demande de l’économie à l’intérieur du pays.

Nos prévisions tablent sur un rebond du prix des matières premières à moyen terme. A court terme, nous continuerons probablement de les voir légèrement sous pression. Le président Trump devrait maintenir sa rhétorique commerciale à l’approche des élections de mi-mandat, qui auront lieu en novembre de cette année.

Cette semaine, 36 sociétés suisses cotées en Bourse présenteront leurs résultats du deuxième trimestre ou du premier semestre 2018. Les investisseurs attendent surtout les résultats de l’UBS ce mardi ainsi que ceux de Nestlé et de Roche jeudi prochain.

ABB Ltd (ISIN : CH0012221716, prix : CHF 22.27)

Le groupe zurichois a publié ses résultats sur le deuxième trimestre 2018. Globalement les chiffres sont bons, surtout au niveau du carnet de commandes et de la rentabilité. Le bénéfice net a progressé de 30% à 681 millions de dollars sur le trimestre, ce qui constitue une augmentation de 30% par rapport à 2017. Le chiffre d’affaires se place quant à lui légèrement en-dessous des attentes avec une hausse de 5% à 8,89 milliards de dollars.

Les divisions de solutions robotiques et d’automatisation industrielle ont délivré la plus forte croissance sur le trimestre, leurs chiffres d’affaires ont progressé de respectivement 11% et 17%. L’unité des réseaux électriques affiche un repli de 6% de ses revenus.

Les mesures d’optimisation et de réduction des coûts commencent à porter leurs fruits : le conglomérat affiche la plus forte progression de ses marges en deux ans. Cette amélioration de la rentabilité est bienvenue dans un contexte où la croissance demeure faible.

Le groupe se garde de donner des prévisions sur l’année. Cependant, les signes macroéconomiques émanant de l’Europe, des Etats-Unis et de la Chine sont positifs et devraient permettre une progression, à condition toutefois que les incertitudes géopolitiques restent contenues.

Ce titre fait partie de nos investissements en mandat.

Microsoft Corporation (ISIN : US5949181045, prix : USD 106.27)

La société continue de tourner à plein régime, bénéficiant de son positionnement solide sur les moteurs de croissance séculaires qui sont le cloud et le gaming ainsi que d’un environnement de demande technologique porteur.

Les résultats sont notamment tirés en hausse par le succès de la suite bureautique office 365 et celui des logiciels dans le cloud Dynamics 365 pour la gestion des relations clients.

Pour le quatrième trimestre de son année fiscale, Microsoft a enregistré un bénéfice par action de 1,13 dollar, nettement supérieur aux 1,08 dollar attendus par le consensus. Le chiffre d’affaires a progressé de 17% sur un an à 30.1 milliards de dollars.

Le stockage Azure (cloud hybride) a gagné des parts de marché, voyant ses ventes bondir de façon spectaculaire, soit plus de 85% sur un an. Microsoft continue d’investir pour effectuer un rattrapage par rapport au leader du segment, Amazon, qui avec sa plateforme AWS détient environ 37% du marché cloud.

Avis sur le titre : garder.

* Gérant discrétionnaire, Banque Bonhôte & Cie






 
 

AGEFI




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