Le salaire médian en Suisse a atteint 6502 francs

lundi, 14.05.2018

Le salaire médian en Suisse pour un emploi à plein temps atteignait 6502 francs bruts par mois en 2016. Le montant apparaît en hausse de 313 francs par rapport à la précédente enquête menée par l'OFS en 2014.

Les 10% des salariés les moins bien rémunérés ont gagné moins de 4313 francs bruts par mois.(keystone)

6502 francs bruts par mois en 2016, le salaire médian en Suisse pour un plein emploi connait une hausse de 313 francs par rapport à la précédente enquête menée par l'OFS en 2014.

Dans le détail, les 10% des salariés les moins bien rémunérés ont gagné moins de 4313 francs bruts par mois, alors que les 10% les mieux payés touchaient plus que 11'406 francs, a indiqué lundi devant la presse à Berne l'Office fédéral de la statistique (OFS). L'enquête constate aussi que près d'un tiers des salariés perçoit un bonus.

Les salaires varient beaucoup d'un secteur économique à l'autre. Les niveaux de rémunération sont nettement supérieurs au salaire médian dans les activités à forte valeur ajoutée comme les assurances (8762 francs), l'informatique et les services d'information (8900 francs), les services financiers (9742 francs) ou l'industrie pharmaceutique (9835 francs).

Au bas de l'échelle des salaires, figurent l'industrie textile et de l'habillement (5208 francs), le commerce de détail (4798 francs), l'hôtellerie-restauration (4337 francs) et les services personnels (4076 francs). Entre 2008 et 2016, la fourchette générale des salaires, l'écart global entre les salaires les plus élevés et ceux les plus bas, est restée stable, passant d'un facteur 2,7 à 2,6.

Hausse de 75 francs

Pour rappel, la valeur médiane renvoie à la valeur par rapport à laquelle 50% des salaires sont supérieurs et 50% inférieurs. Elle ne doit pas être confondue avec le salaire moyen, qui consiste en la somme de tous les salaires divisée par le nombre de travailleurs considérés. 

Le salaire médian pour un emploi à plein temps s'est fixé à 6502 francs bruts par mois en 2016. Par rapport à la précédente enquête de l'OFS, en 2014, cela correspond à une hausse de 75 francs. "C'est positif. Et d'autant plus que l'économie suisse a été sous pression à partir de 2015 en raison de l'abandon du taux plancher du franc", a noté Daniel Lampart, chef économiste de l'Union syndicale suisse (USS), convié par l'OFS pour commenter cette étude.

Même son de cloche à l'Union patronale suisse (UPS) qui, par la voix de son directeur Roland Müller, a qualifié de "remarquable" l'évolution des salaires en Suisse. "Il est particulièrement réjouissant de constater que les différences entre les femmes et les hommes diminuent", a-t-il souligné.

Il est vrai que l'écart salarial entre les sexes s'est contracté, passant de 12,5% en 2014 à 12% en 2016. "Ce n'est pas énorme, mais cela reste positif. L'écart est néanmoins encore beaucoup trop grand", a estimé Daniel Lampart.

Combattre les inégalités

Ces écarts demeurent particulièrement conséquents pour les postes élevés dans la hiérarchie des entreprises. Selon les chiffres présentés par l'OFS, les femmes occupant des fonctions à haute responsabilité touchent un salaire médian de 8861 francs bruts par mois, contre 10'878 francs pour leurs homologues masculins, soit une différence de 18,5%.

A noter aussi que 83,3% des emplois dont la rémunération dépasse les 16'000 francs bruts mensuels sont occupés par des hommes. "C'est une réalité structurelle. Les femmes sont insérées différemment sur le marché du travail", a analysé Didier Froidevaux, chef de la section salaires auprès de l'OFS.

Pour y remédier, les femmes devraient pouvoir "mieux concilier vie familiale et vie professionnelle", a affirmé Roland Müller. Côté syndicaliste, la nomination d'une "Madame égalité", autorisée à faire des contrôles et infliger des sanctions en cas de discrimination a notamment été demandée par Daniel Lampart. (awp-ats)






 
 

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