USA-Chine: la deuxième manche du bras de fer

lundi, 18.05.2020

Le regain de tensions entre les deux puissances mondiales a participé au mouvement baissier des actions.

Valentin Girard*

Valentin Girard

Les actions ont baissé sur la semaine écoulée, notamment en Europe avec une perte de plus de 4% sur l’indice Eurostoxx50, du fait de statistiques économiques fort décevantes et d’une hausse des tensions entre les Etats-Unis et la Chine. Les valeurs de l’automobile et les bancaires ont nettement corrigé. La possibilité de réouverture des économies a été pondérée par les effets prolongés du Covid-19 sur le comportement des consommateurs. 

La visibilité reste faible avec le regain de tensions entre Washington et Pékin. Le pré-accord commercial est à risque. La Maison Blanche interdit les livraisons de composants à l’entreprise chinoise Huawei à partir de septembre. Une réplique éventuelle des Chinois, qui pourraient limiter l’activité de Qualcom, Cisco ou Apple, a pesé sur le secteur technologique. L’administration américaine aurait aussi pris des mesures pour que le fonds de pension fédéral gèle son allocation aux valeurs chinoises. Avec l’élection à moins de 6 mois, les tensions entre les deux super pouvoirs vont rester une source de volatilité potentielle.

Aux Etats-Unis, les ventes au détail ont croulé de 16% depuis mars. L’indice des prix à la consommation (sans l’alimentation et l’énergie) a chuté de 0.4% en avril, un recul inattendu. Le spectre de la déflation aurait pu, selon les anticipations du marché, porter la Réserve fédérale à envisager des taux d’intérêt négatifs. Mais son président Jerome Powell a donné une douche froide en disant qu’aucun des membres du Federal Open Market Committee n’envisageait ça comme une option valable de politique monétaire. Il n’y a pas vraiment d’évidence d’efficacité des taux négatifs sur la conjoncture économique et par ailleurs sur un an les prix restent en hausse de 1,4%. Jerome Powell estime que les gens regagneront pleinement confiance seulement avec l’arrivée d’un vaccin. Mais il a estimé que, en l’absence d’une seconde vague, l’économie va reprendre régulièrement au second semestre.

Du coté des mesures de stimulation, l’Allemagne prévoit un budget supplémentaire de l’ordre de 100 milliards d’euros. La chambre des représentants américaine a passé un stimulus de 30.000 milliards de dollars, mais les républicains au Sénat s’y opposent. 

Les marchés boursiers ouvrent cette semaine bien orientés, avec de nombreux pays qui poursuivent la réouverture de l’activité économique. Les investisseurs adoptent cependant une attitude prudente en attendant de voir l’évolution des chiffres macro qui seront publiés (PMI européens et US notamment) comme en témoigne la hausse du cours de l’or, valeur refuge d’excellence, au plus haut depuis 2012. Clairement, le rebond impressionnant des indices depuis le creux du mois de mars est nettement en avance sur l’évolution macroéconomique.

L’essor des obligations à impact social

La mobilisation pour les victimes, directes et indirectes, du Covid-19 est sans précédent. Il existe de multiples moyens d’apporter son soutien: consommer local, commander un repas au restaurant à l’emporter, faire des dons à diverses associations, etc. Dans le domaine de la finance de marché, nous pouvons investir dans des obligations durables («sustainability bonds»). Alors que les obligations vertes («green bonds») sont destinées à financer des projets environnementaux, les obligations durables, elles, financent des projets délivrant un impact social positif.

L’épidémie de coronavirus a déclenché une vague d’émissions d’obligations à impact social qui a dépassé les émissions d’obligations vertes au mois d’avril dernier. Les émetteurs de ces obligations sont par exemple la Banque Européenne d’Investissement ou la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Le marché des obligations liées au Covid-19, destinées à adresser les conséquences de la pandémie, pourraient bien atteindre 100 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. 

Le programme Bonhôte Impact, dont le but est de délivrer un impact environnemental et social positif au travers de ses investissements, est investi dans plusieurs de ces obligations, notamment dans celle de l’IFC qui aidera les pays en développement à:

• Renforcer les systèmes de santé

• Permettre un meilleur accès aux services pour protéger les populations de l’épidémie

• Renforcer la surveillance des maladies

• Renforcer les interventions de santé publique

• Travailler avec le secteur privé pour réduire l’impact sur les économies.

* Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie

 

 






 
 

AGEFI



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