Pas de coup de froid pour le pétrole

samedi, 06.01.2018

Le prix des pétroles new-yorkais et londonien ont reculé vendredi, marquant une pause après une forte hausse alors que s'apaisaient les craintes liées à la vague de froid qui enveloppe le nord-est des Etats-Unis.

La neige et le froid qui se sont abattus sur la côte est des Etats-Unis ces derniers jours n'ont au final par perturbé plus que ça les grandes infrastructures, en particulier les raffineries.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en février, référence américaine du brut, a perdu 57 cents pour finir à 61,44 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a terminé à 67,62 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 45 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Les cours de l'or noir avaient grimpé la veille à leur plus haut niveau en séance depuis mi-2015, à 62,21 dollars pour le WTI et à 68,27 dollars pour le Brent, et en clôture depuis décembre 2014.

"Le marché a été dopé par des perturbations de la production, un risque géopolitique plus élevé, une croissance économique robuste et, plus récemment, par une vague de froid sur l'hémisphère nord", ont résumé les analystes de Barclays.

Après cette envolée, il "semble tout simplement prendre un peu de recul avec des investisseurs engrangeant une partie de leurs bénéfices", a avancé Gene McGillian de Tradition Energy.

"La semaine a été riche en informations pour le marché du pétrole, entre l'importante baisse des réserves de brut aux Etats-Unis (-7,4 millions de barils sur une semaine), les inquiétudes sur les tensions en Iran et ses possibles conséquences sur la production dans ce pays, et la poursuite du rééquilibrage entre l'offre et la demande", a-t-il rappelé.

Tirés vers le haut par tous ces éléments, "les cours s'approchent d'un niveau suscitant la crainte d'une possible correction", a estimé M. McGillian.

Dans le même temps, les cours du brut réagissent par ricochet à la baisse des prix de l'essence et des produits distillés.

"La neige et le froid qui se sont abattus sur la côte est des Etats-Unis ces derniers jours n'ont au final par perturbé plus que ça les grandes infrastructures, en particulier les raffineries", a remarqué Andy Lipow de Lipow Oil Associates.

"Et on anticipe déjà une remontée des températures dès la semaine prochaine, ce qui devrait alléger la demander en énergie", a-t-il ajouté.

Si à certains endroits le prix du gaz naturel, du fioul de chauffage ou du propane a pu ponctuellement bondir, "c'est un mouvement de très court terme", a estimé M. Lipow.

- Surplus au 2e trimestre -

Le marché continue par ailleurs à scruter la production mondiale, tiraillée entre l'effort de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires, qui limitent leurs extractions pour faire remonter les prix, et les producteurs privés américains, qui profitent de la hausse des prix pour augmenter leur activité.

La production américaine a ainsi atteint environ 9,7 millions de barils par jour, selon le rapport hebdomadaire du Département américain de l'Energie (DoE).

"La hausse de la production non-Opep va faire basculer le marché dans un surplus de l'offre au deuxième et au troisième trimestre", ont anticipé les analystes de Barclays.

Alors que la production américaine est pour l'instant dictée par les industriels du pétrole de schiste, les marchés devront à plus long terme garder un oeil sur les exploitations offshore, l'administration Trump ayant fait part jeudi de son intention d'ouvrir la quasi-totalité des eaux littorales des Etats-Unis.

"Le processus va prendre du temps et n'aura pas d'effet sur l'offre de pétrole dans les deux prochaines années, mais, sur le long terme, il sera crucial", a prévenu Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix. (awp)



 
 
 

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