Erdogan menace de laisser les portes de l'Europe ouvertes

dimanche, 01.03.2020

Le président turc Recep Tayyip Erdogan cherche à obtenir un appui occidental contre le régime syrien auquel il a promis de "faire payer le prix" de ses attaques contre les militaires turcs.

Plusieurs milliers de personnes voulant se rendre dans l'Union européenne ont afflué à la frontière entre la Turquie et la Grèce. (Keystone)

Recep Tayyip Erdogan a menacé samedi de maintenir ouvertes les portes de l'Europe aux migrants.

A la frontière entre la Turquie et la Grèce où plusieurs milliers de personnes voulant se rendre dans l'Union européenne ont afflué, la situation était tendue, avec des échauffourées entre policiers grecs tirant des grenades lacrymogènes et migrants jetant des pierres.

Des milliers de migrants, dont des femmes et des enfants, ont passé la nuit à la frontière, se regroupant autour de braseros de fortune à proximité du poste-frontière de Pazarkule (Kastanies, côté grec), selon des correspondants de l'AFP. En dépit des vents violents, d'autres ont choisi de gagner la Grèce par les îles en mer Egée, où 180 personnes sont parvenues entre vendredi et samedi matin, selon Athènes.

Samedi, un canot pneumatique transportant des Gambiens et des Congolais s'est échoué sur le rivage rocheux à Lesbos. Secoués par la traversée et récitant des prières, les 27 rescapés, dont une femme enceinte, ont été recueillis par des bénévoles, selon l'AFP.

4000 migrants repoussés

"Nous n'allons pas fermer les portes", a déclaré samedi M. Erdogan, affirmant que 18'000 migrants avaient déjà franchi celles-ci pour aller vers l'UE depuis vendredi, un chiffre qui semble surévalué par rapport à ce que les journalistes de l'AFP ont constaté.

Face à ces scènes qui réveillent le spectre de la grave crise migratoire à laquelle l'Europe a été confrontée en 2015, la Grèce et la Bulgarie - également voisine de la Turquie- ont bouclé leur frontière.

Athènes, qui a multiplié les patrouilles frontalières, a déclaré samedi avoir empêché 4000 migrants d'entrer "illégalement" sur le territoire grec.

La Turquie, qui a conclu en 2016 avec Bruxelles un pacte visant à réduire le passage des migrants notamment vers la Grèce, a ouvert ses frontières vendredi afin de faire pression sur l'UE afin d'obtenir davantage de soutien en Syrie.

Jeudi, Ankara y a essuyé de lourdes pertes, avec 33 militaires tués dans des frappes aériennes attribuées au régime de Bachar al-Assad, soutenu par Moscou, dans la province d'Idleb (nord-ouest). Un autre soldat turc a été tué vendredi.

La Turquie a riposté par des bombardements d'artillerie et de drones, affirmant samedi avoir détruit une "installation d'armes chimiques", ce que la télévision d'Etat syrienne a démenti. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG, au moins 48 soldats syriens et 14 combattants du Hezbollah, un allié de Damas, ont péri dans des frappes turques.

Samedi, vingt-six combattants du régime syrien ont été tués par des tirs de drones menés par Ankara, a rapporté samedi l'OSDH. (ats)






 
 

AGEFI



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