Trump veut placer des alliés au sein de la Banque centrale américaine

mercredi, 03.07.2019

Le président Trump a annoncé qu'il proposait de nommer comme gouverneurs de la Réserve fédérale américaine deux économistes Christopher Waller et Judy Shelton.

Le président a annoncé qu'il proposait de nommer comme gouverneurs de la Réserve fédérale américaine deux économistes.(Keystone)

Donald Trump a tenté une nouvelle fois mardi de placer des alliés au sein de la Banque centrale américaine, à laquelle il réclame à cor et à cri de soutenir la croissance de la première économie en baissant le loyer de l'argent.

Dans deux tweets - son instrument de communication favori - le président a annoncé qu'il proposait de nommer comme gouverneurs de la Réserve fédérale américaine deux économistes. Il a bien pris soin de préciser que tous deux avaient un doctorat.

"J'ai l'intention de nommer Christopher Waller", actuellement à l'antenne régionale de la Banque centrale à St Louis (Missouri) et "j'ai l'intention de nommer Judy Shelton", actuellement à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, a tweeté le président.

Il n'est pas surprenant que le président insiste sur les qualifications universitaires de ses deux candidats qui, s'ils sont confirmés par le Sénat, siègeront au sein du cénacle qui décide de la politique monétaire de la plus puissante Banque centrale du monde.

Les deux derniers candidats qu'il avait présentés étaient tellement atypiques que même les membres républicains du Sénat avaient fait savoir qu'il était hors de question de les confirmer.

Stephen Moore, commentateur économique conservateur volontiers provocateur et moqué par les économistes, ancien conseiller de campagne de Donald Trump, et Herman Cain, un ancien prétendant à une primaire présidentielle républicaine dont la candidature fut torpillée par des allégations de harcèlement sexuel, avaient préféré retirer leur candidature, faute de soutien.

Le président américain ne fait pas mystère de son mépris pour le président de la Banque centrale, Jerome Powell - qu'il a pourtant nommé - parce qu'il a augmenté les taux d'intérêt jusqu'en décembre, mettant en danger, aux yeux de M. Trump, une croissance économique qui est son meilleur argument pour sa réélection en 2020.

La Fed a laissé entendre lors de sa dernière réunion en juin qu'elle pourrait baisser les taux si elle estimait que les tensions commerciales créées par le président américain s'accroissaient, si l'économie mondiale montrait des signes de faiblesse plus marqués et si l'inflation s'entêtait à rester en dessous de son objectif de 2%.

Doctorat

Christopher Waller est un économiste qui a enseigné à l'Université catholique de Notre Dame avant de prendre la tête du service de recherche économique de la branche régionale de la Fed de Saint-Louis en 2009. C'est un spécialiste de la théorie monétaire et de la macro-économie.

Judy Shelton est elle aussi une économiste, qui a conseillé Donald Trump pendant sa campagne de 2016. Elle est une farouche partisane d'une baisse des taux - elle a notamment indiqué qu'elle souhaitait les amener à 0% en un ou deux ans - qui n'hésite pas à exprimer ses vues sur Twitter (@judyshel), à l'instar du président.

Elle a sévèrement critiqué la Fed pour la façon dont elle a combattu la grande récession de 2008 dans un éditorial au Wall Street Journal en avril, où elle a aussi défendu le retour à l'étalon or, qui consistait à faire correspondre une monnaie à un poids fixe en or.

Cette méthode garantit une stabilité des taux de change et, aux yeux de Mme Shelton, empêcherait les partenaires commerciaux des Etats-Unis de manipuler leur monnaie à leur avantage. Toutefois, ce retour est jugé irréaliste et dépassé par la majorité des économistes modernes. Aux Etats-Unis, l'indexation du dollar sur l'or a été abandonnée en 1971 par Richard Nixon.(awp)






 
 

AGEFI



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