Hôpital fribourgeois: le président du conseil d'administration démissionne

vendredi, 07.09.2018

Le président du conseil d'administration de l'Hôpital fribourgeois (HFR), Philippe Menoud, a donné sa démission pour la fin de l'année. Le Bullois était sur la sellette depuis plusieurs mois.

Sous le feu des critiques, Philippe Menoud a notamment été épinglé par un audit publié mi-juillet.(keystone)

Sous le feu des critiques depuis plusieurs mois, Philippe Menoud a notamment été épinglé par un audit publié mi-juillet, qui pointait des lacunes dans la gestion des finances et du personnel de l'HFR. . Le président du conseil d'administration de l'Hôpital fribourgeois  démissionne.

"Le Conseil d'Etat a pris acte de la démission de Philippe Menoud. Il partira à la fin de l'année 2018", a annoncé vendredi la chancellerie d'Etat fribourgeoise dans un communiqué.

Sous le feu des critiques, M. Menoud a notamment été épinglé par un audit publié mi-juillet, qui pointait des lacunes dans la gestion des finances et du personnel de l'HFR. Cet audit, réalisé par l'Inspection des finances fribourgeoise, a mis en lumière plusieurs lacunes dans la comptabilité analytique et l'établissement du budget de l'hôpital.

Les turbulences traversées par l'HFR ne datent toutefois pas de cet audit. La situation financière est difficile depuis plusieurs mois, avec une perte cumulée de 21,7 millions de francs au 31 décembre 2017. L'institution se trouve aussi dans la tourmente au niveau de la gouvernance. Plusieurs cadres ont quitté le navire, dont la directrice Claudia Käch, partie en février dernier puis remplacée par Marc Devaud.

"Nouveau monde"

Malgré les appels à la démission, Philippe Menoud avait tenu bon et, jusqu'ici, refusé de quitter son poste. "Je ne démissionne pas en raison des pressions extérieures", a-t-il toutefois assuré vendredi à Keystone-ATS.

"Mon idée a toujours été de me retirer en même temps que la réforme sur le fonctionnement du conseil d'administration, qui entrera en vigueur l'année prochaine", a expliqué M. Menoud. "Ma mission consistait à gérer cette période transitoire, qui a fait passer l'hôpital de l'ancien monde, où tout était à charge de l'Etat, à un nouveau monde", a ajouté celui qui préside l'HFR depuis 2012.

Dans son communiqué, le Conseil d'Etat fribourgeois a effectivement rappelé qu'une nouvelle législation visant à professionnaliser la gouvernance de l'HFR serait discutée prochainement au Grand Conseil, avec un objectif d'entrée en vigueur début 2019.

Syndicat satisfait

De son côté, le syndicat des services publics fribourgeois (SSP) s'est réjoui de la démission de Philippe Menoud, dont il réclamait la tête depuis plusieurs mois. Selon le syndicat, "la très forte mobilisation du personnel face à la logique de privatisation du service public qu'il incarnait" est à l'origine du départ de M. Menoud.

Les employés de l'HFR s'étaient notamment mobilisés le 22 mai dernier, à l'occasion d'une journée d'actions et de grève sur les cinq sites hospitaliers du canton.

Pour le SSP, le Conseil d'Etat doit désormais tirer les leçons du départ de M. Menoud. Le syndicat exige ainsi qu'il retire son projet de supprimer la loi sur le personnel de l'Etat de Fribourg (LPers) pour les collaborateurs de l'HFR. Le SSP demande également "un renforcement du caractère public" de l'hôpital.

Aucun regret

"Je n'ai pas été surpris par les attaques des syndicats, mais davantage par le manque de soutien d'une certaine partie du monde politique", a reconnu M. Menoud. "De nombreuses améliorations ont été apportées ces derniers mois et les chiffres présentent une nette progression. Malgré tout, on nous traite comme une bande d'incompétents", a-t-il regretté.

Philippe Menoud a affirmé qu'il n'avait pas de regrets. "Les critiques font partie de la fonction. En revanche, ce que je ne comprendrai jamais, c'est pourquoi l'hôpital et moi-même avons dû composer avec autant de hargne de certaines personnes au cours des derniers mois", a-t-il conclu.(ats)






 
 

AGEFI



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